Fabrique de sens
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Le 9e Labo : Les Dures contre les Molles

lundi 24 mai 2010

Une nouvelle de Maryz COURBERAND

Z, y, x, w, v, u, t, s, r q, p… ? ? ?… Je bloque toujours à p… L, m, n, o, p. Donc p, o, n, m, l. Et merde. Je vais encore passer une nuit blanche… Elle s’est bien moquée de moi, Florence, l’autre nuit (un bon plan d’ailleurs, j’aurais dû prendre son numéro). Je n’y peux rien. Je compte les moutons comme ça : je récite l’alphabet à l’envers. Mon prof de français de 6e prétendait que si on connaissait l’alphabet à l’envers, on trouverait plus rapidement les mots dans le dico. Par exemple, si tu cherches « périssologie » et que tu ouvres ton dico par hasard à la lettre s, et bien au lieu de te refaire dans ta tête l’alphabet à l’endroit pour savoir où est p par rapport à s, tu te dis « s, r, q, p » et tu sais qu’il faut reculer de quatre lettres. Pas très concluant ? J’avoue. Mais j’adore les trucs qui servent à rien.

Bon, il faut que je dorme. C’est cette affaire qui me hante. Pourquoi il s’est pendu, ce con ? Il l’a fait exprès pour nous emmerder, qu’on rouvre l’enquête ? Lui, le coupable tout désigné qui n’a eu de cesse de crier, non pas son innocence ! mais son doute sur sa culpabilité, depuis qu’il est en tôle. Parce que c’est ça, le truc étonnant dans cette histoire. Du jamais-vu ! D’habitude, le coupable sait s’il a tué ou non. Il est même le seul à savoir ce qui s’est réellement passé. Surtout dans ce genre de crime à huis-clos. La victime, elle, peut ne pas savoir qui l’a tuée. Il suffit que l’assassin soit masqué, caché… Mais là, ce dingue doute. Il n’a ni avoué son crime ni ne l’a nié. Il ne sait pas. Nous non plus. Et s’il était (« avait été », devrais-je dire, maintenant qu’il pend dans sa cellule) innocent ?

Qu’est-ce que je vais écrire dans mon rapport demain ? Font chier aussi à me refiler ce dossier. C’est toujours Le 9e qui se récupère les affaires tordues. Les huit autres labos, les Sciences Dures, ils jurent qu’ils ont tout checké : Môsieur ADN, la star, toujours à la pointe ; l’entomo, alias Le Ver (en plus, il s’appelle Levert dans la vraie vie, ça ne s’invente pas !) ; La Balle, qui passe son temps à tirer (mais pas dans la vraie vie, lui !) ; L’Arracheur de dents, l’odonto ; Le Toxo, qui a la tête de l’emploi (je le soupçonne de tester ses produits sur sa docte personne) ; La Gerbe, le légiste sadique qui nous oblige à assister à ses dépeçages ; La Fibre, qui frime quand elle a trouvé des poils de moquette sous les ongles d’un macchabée (entre nous, j’aimerais bien voir les siens, et je ne parle pas de ses ongles !) ; et L’Emprunté, qui ne fait pas la différence entre « emprunte » et « empreinte ». Nous, les Molles, comme ils disent, les socio-ethno-anthropo-linguistes, on est juste bons à ramasser les miettes. Quel mépris pour les sciences humaines ! Ca ne changera donc jamais. À la fac, c’était déjà pareil.

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- Salut, ça va ? T’as une sale tête, t’as mal dormi ? Tu veux d’la C, y’en a plein chez L’Toxo !

- Non. Oui. NSP. Mes réponses sont dans l’ordre antihoraire, débrouille-toi !

- Tu t’la pèterais pas un peu avec tes mots compliqués, La Langue ! ?

- J’vois pas c’qu’y a d’compliqué dans « antihoraire ». C’est moins abscons qu’« anticodon ».

- Tu sais c’que c’est qu’un anticodon ? ! Toi ! ? Ben ça alors ! Tu m’épateras toujours.

Voilà, c’est ça mon quotidien. Des remarques acerbes toute la journée de la part des Dures. Surtout de L’ADN. C’est lui qui se la pète avec son jargon hélicoïdal. (Faut dire que je n’ai jamais su prononcer sans me vautrer « désoxyrobo… » La honte ! Il frime surtout depuis qu’il s’est tapé La Fibre, ce Bogosse, comme disent les Marocains. Bref, je me fous pas mal de leurs histoires de cul… Allez, au boulot, Le 9e Labo ! Je vais leur montrer à ces Dures-qui-croient-que-je-fais-de-la-graphologie ce qu’est la linguistique criminelle ! Ils n’ont jamais entendu parler d’anantapodotons, ni de syllepses et encore moins de zeugmes, ces bœufs (c’est le cas de le dire !).

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« Ma Chérie, dans quelques heures, si je réussis mon coup, j’irais de rejoindre dans l’au-delà. J’ai eu le temps de réfléchir en prison. Je regrette de t’avoir fait du mal. Pardonnes-moi. Tu sais, je n’ai pas vu mon fils grandir. Ma femme a demandé le divorce. Je n’ai plus rien à faire sur cette terre. Dans l’attente de te revoir, accepte mon pardon. Toutes ces années passées ensemble, sont les plus belles de ma vie. Tu me reprochais mes vacances en famille, mais je n’en ai passé que quelques unes. C’est toi que j’aimais. Tu étais la seule à me connaître. Je me souviens de nos nuits dans mon atelier. Tu restais là, nue, à mes côtés. Tu m’inspirais… Pourquoi tu as voulu rompre ? Au moment où j’allais quitter ma femme. Tu as pris peur (et mon plus beau tableau, en plus). Tu as tout gâché. Tu n’as jamais eu confiance en moi. Ma mère non plus, d’ailleurs. Elle voulait que je sois avocat, comme mon père. Moi j’aurai passé TOUTES mes nuits à peindre tes formes voluptueuses. Mais tu n’en avais rien à foutre. Vous êtes toutes pareilles… J’ai toujours douté. Je ne suis pas sûr de t’avoir tuée. Tu m’as poussé à bout. Tu savais que je ne supporterais pas notre rupture. Tu as tout fait pour que je vienne ce soir là chez toi. C’est toi qui as versé le whisky. Je n’ai jamais envoyé d’e-mails. C’est toi qui a voulu qu’on baise comme des fous une dernière fois avant que je parte en vacances… Soit je suis non-coupable… Je ne saurais jamais. La police scientifique ? Ils n’ont rien prouvé. Oui, j’ai serré. Oui, j’avais la rage. Mais c’est toi qui a voulu que je t’attache, salope. Toutes des salopes… Je t’M. »

Gratinée, la lettre d’adieu de l’assassin du 21. C’est le nom de code qu’on a donné à ce cinglé, ici, à Grosny-sous-Bois. (Je dis « Grosny » parce que c’est le foutoir dans nos labos. Dans le mien, il y a des bouquins partout : dicos, grammaires, essais de linguistique comparée, un volume de trois cents pages sur la virgule… « Tu les as tous lus ? » C’est la question idiote que les Dures me posent systématiquement. Ça a le don de m’énerver. Je réponds non moins systématiquement : « Ben non, j’sais pas lire. » Quelque part, ça les rassure.) Oui, gratinée, la lettre : primo, elle est bourrée de fautes (j’en ai vu 13 plus une anacoluthe, un anantapodonton, un zeugme et une syllepse). [1] Deuzio, elle fait froid dans le dos. Un vrai schizo-miso. « Je t’aime, j’te tue ». Le blème, c’est qu’il a vraiment l’air de douter de sa culpabilité. Il irait même jusqu’à accuser la victime. Il y a un truc qui cloche…

Récapitulons. Dimanche 3 janvier au soir, on retrouve une femme entièrement nue et en décomposition dans son appartement sis au 21 de la rue de Paradis. 35 ans. Prof de français. D’après Le Ver, elle aurait pourri quinze jours dans son deux-pièces. (C’est le voisin qui a prévenu la police, il rentrait de vacances, le palier sentait le cadavre, il était bien placé pour reconnaître cette odeur pestilentielle, il avait été Casque bleu au Liban, ce qui l’a disculpé d’office.) La Gerbe était formel : mort par empoisonnement-strangulation-viol (dans quel ordre ?). Barbituriques : Le Toxo a confirmé. L’identification de l’assassin ? Facile : L’ADN a trouvé son sperme dans le vagin de la dame ; L’Emprunté, ses traces de paluches sur les verres à whisky et de son 45 fillette sur le carrelage de la cuisine ; L’Arracheur, des marques de ses dents sur l’omoplate gauche de la morte, qu’il a sans doute prise par derrière ; La Fibre trouvera des bouts de ficelle sous ses ongles (ficelle qu’il utilisait pour emballer ses tableaux). Quant à La Balle, il n’a rien fichu sur ce dossier, ou presque, puisqu’on a quand même trouvé un Beretta je ne sais plus combien à son domicile (il s’entraînait au stand de tir de la police, ce con. Rien de tel pour être fiché).

Donc, tout l’accusait. J’étais aux assises. Je me souviens très bien. Mais ça ne veut rien dire. Les assises ? Un vrai lynchage. Alors que l’enquête n’est même pas bouclée, on laisse le peuple décider en son âme et conscience. Tu parles ! Ca me rappelle le procès de ces trois jeunes (musulmans) qui avaient soi disant buter un mec (catho). On ne savait même pas à qui était l’arme ni qui avait tiré. Pas de mobile. Pourtant, ils ont pris cher. Les jurés (de bons Blancs bien de chez nous) ont été émus par les photos de la victime en aube de communiant brandies par son avocat. Honteux.

En ce qui concerne l’assassin du 21, il restait des zones d’incertitude, comme diraient Crozier et Friedberg. Primo : l’ordre d’arrivée du tiercé : viol-empoisonnement-strangulation, empoisonnement-viol-strangulation, ou empoisonnement-strangulation-viol ? On a conclu « empoisonnement puis strangulation » (il est en effet difficile de faire boire du whisky « barbituriqué » à quelqu’un qui a le kiki serré, encore que…) Pour le viol, ça dépend des goûts. Certains l’aiment chaud, les nécros le préfèrent froid (beurk). Je me demande si la solution de l’énigme ne dépend pas de cet ordre… Deuzio : qui a mis les médocs dans le whisky et pourquoi (et pour qui ?) ? Elle voulait peut-être l’empoisonner et se serait trompée de verre ? Tertio : y a-t-il eu viol ou jeu sexuel en mode Johnny-fais-moi-mal ?
Seul le mobile tenait la route : un homme marié refuse la rupture demandée par sa maitresse. Il la tue : un grand classique. Les indices ? Il y en avait, mais les Dures peuvent se tromper. La preuve : La Gerbe n’a jamais pu dater avec précision l’heure du crime. On sait seulement que c’était le premier week-end des vacances de Noël, puisqu’on sait que l’affreux a pris le train en partance pour les pistes de ski juste après. Il rejoignait bobonne après son forfait (et pas de ski !). On sait aussi qu’il a baisé la victime. L’ADN en est sûr. Quoique ! Elle a pu garder un peu de son sperme dans un tube à essai et s’en foutre plein la… ce soir-là, histoire de faire accuser de viol son amant qui la trompait avec sa légitime alors qu’il devait lui jurer qu’ils faisaient chambre à part. On connait la chanson. Or bobonne était enceinte à cette époque. Et ça, la morte le savait puisque l’officielle a avoué avoir rencontré sa rivale plusieurs fois pour lui jouer la fameuse scène des Enfants du Paradis. Elle aussi avait de bonnes raisons d’éliminer Garance. Mais elle avait un alibi solide. Elle était à Megève en train d’enseigner la luge à des mômes.

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- Qu’est-ce tu fous, La Langue, tu viens déjeuner, ou bien ?
- Tu pourrais frapper, tu m’as fait peur, j’étais plongé dans l’dossier du 21… Euh, non, j’ai pas l’temps. J’ai même pas encore lu mes mails, ce matin.

Je l’aime bien, Le Toxo. Il est Suisse-Allemand. Il me fait rire avec ses « oder ». Il s’appelle Harold, comme moi. Aux labos, il y a deux Harold et deux Patrick. C’est pour ça qu’on s’est donné des surnoms. (Ça, c’est un truc que j’ai remarqué : dans les polars ou les séries genre Les Experts, les scénaristes ne pensent jamais à donner le même prénom à deux personnages. Pourtant, dans la vie, c’est fréquent.) A propos de mails, j’avais oublié ce détail. Dans sa lettre d’adieu, le monstre insiste, comme à l’instruction : il n’en a jamais écrit. Or, l’expert a démontré qu’ils avaient été envoyés du PC de son atelier, l’adresse IP faisant foi. Et L’Emprunté n’a pas trouvé d’autres empreintes que les siennes sur le clavier. Aux assises, ces mails ont fait pencher la balance parce qu’ils étaient tous menaçants, surtout le dernier :

« ma chérie, je t’en supplie, ne me quitte pas - ne me dis pas que tu es comme toutes ces allumeuses - c’est toi qui est venue me chercher, je n y suis pour rien - tu savais que j’étais marié, je t’avais prévenu, je ne t’aurais jamais menti - si j avais su que ça se finirait comme ça, je n’aurais jamais répondu à tes avances - si tu me quittes, j’irai au bout du monde pour te retrouver - tu es une belle salope en fait - j’en ai connu quelques-unes comme toi - je te dirais bien comment elles ont fini, mais tu aurais peur - je ne sais pas comment je réagirai si tu t’en vas - je t’aurai prévenue - je t’m »

Nom d’un Bescherelle ! C’est juste trop évident, comme disent les djeun’s ! Et les Dures n’ont rien vu parce qu’ils sont nuls en français. (Ils se fichent toujours de moi parce que je cause la France n’importe nawouak. Ils n’ont pas compris que j’étais totalement bilingue : français oral moderne, et français écrit académique.) Il n’a pas écrit ce mail, le 21. Impossible. Ni sa régulière, prof de ski. Donc c’est « Garance », la forte en thème. Qui a très bien pu prendre des gants, si je puis dire, pour taper les mails, en l’absence de l’artiste depuis son atelier dont elle avait les clés. Je mets ma main à couper que les autres mails, comme celui-là, n’ont pas une seule faute d’orthographe ni de conjugaison [2]. Alors que le 21, lui, confond le futur et le conditionnel…

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Verdict post-mortem : non-lieu. On ne saura jamais ce qui s’est passé exactement, mais on est sûr, grâce aux comparaisons linguistiques faites par mézigue, que c’est « Garance » qui a écrit les mails. Pour faire plonger son amant. Pour lui faire payer son non-divorce, son infidélité, son bébé et tout le toutim. Et si elle a cherché à le faire accuser, c’est qu’elle a tout manigancé ce soir-là. Elle a très bien pu lui proposer à boire (pour qu’il laisse ses empreintes sur les verres) ; s’avaler des médocs (pour se suicider parce qu’elle en avait marre) tout en lui proposant de faire l’amour, façon SM, en jouant avec la ficelle qui entourait le tableau qu’elle lui avait pris et en lui demandant de lui serrer le kiki pour mieux jouir, genre « jeu du foulard ». Résultats du tiercé : du point de vue de la morte, suicide aux barbituriques-et baise qui a viré au meurtre ; du point de vue du 21, bonne biture et baise enragée avec envie de tuer ; du point de vue de la police scientifique, suicide-meurtre plus ou moins viol.

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Alors, La langue, tu te la pèterais pas un peu depuis que tu as obtenu ce non-lieu ?

- La Langue, elle vous la tire, de même que sa révérence. Le 9e Labo part en vacances dans le désert !

Notes

[1Liste des erreurs vues par Le 9e Labo dans la lettre d’adieu de l’assassin du 21

« Ma Chérie, dans quelques heures, si je réussis mon coup, j’irais [j’irai (futur)] de rejoindre dans l’au-delà. J’ai eu le temps de réfléchir en prison. Je regrette de t’avoir fait du mal. Pardonnes-moi [pardonne-moi]. Tu sais, je n’ai pas vu mon fils grandir. Ma femme a demandé le divorce. Je n’ai plus rien à faire sur cette terre [Terre]. Dans l’attente de te revoir, accepte mon pardon. [Dans l’attente de te revoir, je te demande pardon. (anacoluthe)] Toutes ces années passées ensemble, [supprimer la virgule, on ne sépare pas le sujet du verbe par une virgule] sont les plus belles de ma vie. Tu me reprochais mes vacances en famille, mais je n’en ai passé que quelques unes [quelques-unes]. C’est toi que j’aimais. Tu étais la seule à me connaître [NB : il ne connait pas la réforme de l’orthographe de 1990, on ne met plus d’accent circonflexe sur le i]. Je me souviens de nos nuits dans mon atelier. Tu restais là, nue, à mes côtés. Tu m’inspirais… Pourquoi tu as [as-tu] voulu rompre ? Au moment où j’allais quitter ma femme. Tu as pris peur (et mon plus beau tableau [joli zeugme !], en plus). Tu as tout gâché. Tu n’as jamais eu confiance en moi. Ma mère non plus, d’ailleurs. Elle voulait que je sois avocat, [supprimer cette virgule qui hange le sens de la phrase : avec cette virgule, on comprend que le père voulais que le fils soit avocat, alors que l’auteur veut dire que sa mère voulait qu’il fasse le même métier que son père, avocat] comme mon père. Moi j’aurai [j’aurais (conditionnel)] passé TOUTES [pour insister sur un terme, on le met en italiques, donc ici, en romain, puisque le texte est déjà en italiques : toutes] mes nuits à dessiner tes formes voluptueuses. Mais tu n’en avais rien à foutre. Vous êtes toutes pareilles… J’ai toujours douté. Je ne suis pas sûr de t’avoir tuée. Tu m’as poussé à bout. Tu savais que je ne supporterais pas notre rupture. Tu as tout fait pour que je vienne ce soir là [soir-là] chez toi. C’est toi qui as versé le whisky. Je n’ai jamais envoyé d’e-mails. C’est toi qui a voulu qu’on baise comme des fous une dernière fois avant que je parte en vacances… Soit je suis non-coupable… [non coupable (adjectif), à ne pas confondre avec le nom « non-coupable »] [ et bel anantapodonton : après « soit », on s’attend à un autre « soit », ici, la phrase reste en suspens] Je ne saurais [saurai (futur)] jamais. La police scientifique ? Ils [syllepse : « la police » est du féminin singulier, et l’auteur poursuit par « ils », sous-entendu « les personnes de la polices] n’ont rien prouvé. Oui, j’ai serré. Oui, j’avais la rage. Mais c’est toi qui a voulu que je t’attache, salope. Toutes des salopes… Je t’M. »

[2Liste des non-erreurs vues par Le 9e Labo dans le mail écrit par Garance

« ma chérie, je t’en supplie, ne me quitte pas - ne me dis pas que tu es comme toutes ces allumeuses - c’est toi qui est venue me chercher, je n y suis pour rien - tu savais que j’étais marié, je t’avais prévenu, je ne t’aurais jamais menti - si j avais su que ça se finirait comme ça, je n aurais jamais répondu à tes avances - si tu me quittes, j’irai au bout du monde pour te retrouver - tu es une belle salope en fait - j’en ai connu quelques-unes comme toi - je te dirais bien comment elles ont fini, mais tu aurais peur - je ne sais pas comment je réagirai si tu t’en vas - je t’aurai prévenue - je t’m »