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Feu Palais-Cité / Projet scientifique et culturel d’"Univers science"

Projet scientifique et culturel

“ Aujourd’hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères, celle de nos maîtres, celles du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des deux premières. ” Montesquieu

“ Le but n’est pas que les gens aient compris, mais qu’ils sentent qu’ils pourraient comprendre avec un peu d’efforts personnels. ” Michel Hulin, physicien

Au mois de décembre 2007, les pouvoirs publics ont pris une décision d’une grande portée pour la promotion de la culture scientifique et technique : celle de regrouper la Cité des sciences et de l’industrie et le Palais de la découverte pour créer, sur deux sites, un opérateur d’envergure nationale et européenne en matière de culture scientifique et technique.

En 1937, le Palais fut inauguré par le prix Nobel de Physique, Jean Perrin, pour “rendre manifeste la part déterminante que la science a prise dans la création de notre civilisation et faire comprendre que nous ne pouvons espérer rien de vraiment nouveau, rien qui change la destinée, que par la recherche et la découverte”. Au début des années 1980, c’est dans un tout autre contexte que le physicien Maurice Lévy préconisa d’ouvrir à la Villette une Cité d’un autre type pour retracer l’aventure scientifique et industrielle, aider les publics à se familiariser avec la science et ses applications, encourager la créativité.

Les mutations culturelles que connaissent aujourd’hui nos sociétés appellent une dynamique nouvelle. Le “besoin de science” prend des dimensions inédites, si nous voulons que chaque personne, quel que soit son âge, dispose des moyens de trouver les repères et les outils grâce auxquels elle pourra appréhender la complexité et l’accélération du monde. Le nouvel établissement devra mettre en lumière et en perspective ces mutations, tout en offrant des outils pour permettre à nos citoyens d’en être des acteurs éclairés.

Par conséquent, créer en ce début de XXIe siècle une institution de ce type nécessite, tout en assumant l’acquis lié au formidable progrès des sciences fondamentales et des sciences humaines au XXe siècle, de prendre acte de plusieurs tendances de fond qui ont, ces dernières années, fait évoluer les rapports des citoyens à la science, à son rôle dans la société, à son enseignement et à ses métiers.

En premier lieu, dans le contexte général de mondialisation, l’avènement des sociétés de la connaissance [1] positionne plus que jamais le savoir scientifique, la recherche et leurs applications au cœur du développement des sociétés contemporaines. En même temps, la circulation accrue des savoirs et des données scientifiques de toutes natures induite par ce processus, mais aussi le nombre accru d’acteurs légitimes intervenant de façon parfois contradictoire sur ces questions dans le champ médiatique, a rendu la science moins lisible, ses héros moins prestigieux et ses effets, réels ou supposés, plus discutables aux yeux de citoyens plus que jamais attentifs au principe de précaution ;

2) Parallèlement à ce phénomène, la science, la recherche et l’innovation doivent désormais tenir compte du paradigme du développement durable dans lequel elles doivent s’inscrire, tout comme les autres activités humaines. Ceci implique de compléter l’approche trop souvent cloisonnée de la culture scientifique et technique par des problématiques plus vastes, prenant en compte la dimension de la mondialisation, et intégrant à la fois les domaines sociaux, économiques, démographiques et politiques. Dans la transition d’une société de la consommation à une société de la modération, la science et l’innovation se conjuguent pour proposer de nouveaux cadres et de nouveaux outils pour gérer sobrement les ressources de la planète et permettre l’émergence créative d’un monde post-carbone.

3) Cette prise en compte de la vulnérabilité de notre environnement est étroitement liée au développement de la capacité humaine d’action sur le vivant. D’une part, les activités des hommes modifient profondément la diversité biologique et les écosystèmes de la planète. D’autre part, les développements que connaissent les sciences de la vie, la médecine et les technologies d’ingénierie du vivant, s’ils ouvrent des perspectives inédites pour la santé et la longévité des hommes, posent des questions éthiques nouvelles, et, plus largement, nous renvoient à notre responsabilité collective, désormais élargie à l’ensemble de la biosphère.

4) La quatrième tendance de fond à considérer est d’ordre sociologique. De ce point de vue, comme le soulignent entre autres les résultats d’une enquête récente sur Les pratiques culturelles des français à l’ère numérique [2], les générations du troisième âge médiatique auront demain la responsabilité de construire l’avenir de cette civilisation numérique. Elle développera sans doute de nouveaux processus cognitifs, de nouvelles capacités à penser sur un mode interdisciplinaire et collaboratif, avec recours fréquents à l’aide en ligne. Plusieurs études européennes [3] et américaines [4] ont mis en valeur l’intérêt de prendre en considération l’impact de cette révolution numérique sur la créativité des jeunes, sur les méthodes d’enseignement en général et sur celles de l’enseignement des sciences en particulier [5], au moment où les sciences et leurs métiers connaissent une désaffection dans tous les pays européens [6].

5) Enfin, sur un plan plus conjoncturel, la mise en place effective d’une nouvelle institution de diffusion de culture scientifique doit prendre en considération l’évolution des relations entre l’État et ses opérateurs culturels. Relations fondées sur la contractualisation, la responsabilisation, l’autonomie, la recherche de ressources propres et la performance dans la mise en œuvre par l’opérateur de ses missions de service public. Au-delà du regroupement du Palais et de la Cité, le caractère de “pôle national de référence” attribué par le décret à la future institution, implique la mise en place d’une véritable stratégie de réseau à définir avec l’ensemble des acteurs de culture scientifique et technique en régions afin de repenser et d’amplifier la diffusion de la science à travers le territoire. Cette dynamique nouvelle s’inscrit naturellement dans un processus de mise en réseau et de coopération internationale, tout particulièrement au niveau européen.

Eu égard à ces tendances de fond, le projet scientifique et culturel qui suit présente :

1- Les missions prioritaires qu’il entend poursuivre dans les années à venir

2- Les destinataires de ces missions

3- Les outils, éprouvés ou inédits, permettant de les mettre en œuvre

Pourquoi ?

Pour placer la science au cœur de la société

et remettre la science en culture

Mettre en valeur fondamentaux et démarche scientifiques

L’apprentissage des fondamentaux de la science, approchés par les grandes expériences fondatrices, permet par la découverte et le questionnement de comprendre les concepts sans lesquels le monde qui nous entoure serait incompréhensible. La démarche scientifique, conçue comme un chemin passionnant d’efforts et de doutes, d’erreurs parfois, stimule la curiosité, l’analyse critique, et la capacité d’émerveillement devant la beauté, l’attractivité d’une science en construction permanente. En s’appuyant sur l’histoire des découvertes pour éclairer les enjeux actuels et en rendant compte de la multidisciplinarité de la recherche contemporaine, il s’agit de réactualiser la présentation de ces disciplines fondamentales et d’ouvrir sur le monde de la recherche.

Pour réaliser cet objectif, l’établissement se propose :

• de rendre familiers les résultats de la recherche fondamentale par des expériences qui sont à l’origine de ces recherches ou qui marquent leur aboutissement en plaçant l’expérience au cœur de l’offre muséologique en mobilisant à la fois des médiateurs scientifiques et des chercheurs, et aussi en donnant à observer des phénomènes réels en direct ;

• de disposer d’expositions de référence sur les sciences fondamentales, tout en ayant une approche synthétique, pluridisciplinaire, en faisant appel à l’interactivité, à des animations donnant aux visiteurs les repères pour appréhender une information scientifique souvent complexe et se l’approprier comme savoir et connaissance.

Éclairer les changements du monde et accompagner ses mutations

Donner des repères, proposer les clés pour comprendre le monde contemporain et ses mutations à travers l’évolution de la science, le foisonnement de l’innovation et leurs multiples applications est un autre objectif majeur de l’établissement notamment pour combler le fossé entre une génération née à l’heure de l’Internet haut débit et du numérique et celles qui l’ont précédée.

Dans cette perspective, il s’agit :

• de voir, d’expérimenter et de comprendre les progrès scientifiques et techniques. Pour cela, l’établissement suivra au plus près et mettra en valeur le développement des connaissances et des technologies, en lien avec les acteurs, français ou internationaux, de cette transformation : chercheurs, citoyens, entreprises. A chaque moment, il fera appel au meilleur état des technologies de l’image, de l’information et de la communication afin de présenter, en temps réel, les changements en cours en les incluant dans leur contexte écologique, technologique, démographique ou encore économique ;

• de mettre à la disposition des publics des outils et des méthodes permettant d’appréhender la complexité sous jacente à l’innovation, outils complémentaires à l’approche analytique, progressive et séquentielle de la formation scolaire et universitaire traditionnelle ;

• d’organiser des débats publics pour écouter les différentes parties prenantes aux controverses sur les grandes questions scientifiques et leurs impacts sur la société. Ces débats ont vocation à permettre l’expression des positions, mais aussi la construction des opinions responsables et l’amélioration des décisions elles-mêmes. Il s’agit de comprendre pour agir en alimentant la réflexion sur le risque et la responsabilité ;

• de s’ouvrir davantage aux jeunes en suscitant des vocations scientifiques car les jeunes nés avec la mondialisation ont une relation plus intuitive, souvent plus féconde que leurs aînés à la communication, à l’innovation et à la connaissance scientifique, mais ils sont moins engagés dans les filières scientifiques. En leur proposant, avec l’aide du savoir-faire de la Cité, du Palais et de leur partenaires en la matière, des outils éducatifs et de formation adaptés, ils peuvent retrouver goût et motivation pour s’investir dans ce domaine et s’intéresser aux métiers et aux qualifications de demain.

• de veiller à renouer et à nourrir le dialogue entre les générations et les cultures, et à l’ouvrir à la diversité des composantes de notre société pour faire en sorte que la mondialisation et les nombreuses mutations qu’elle entraîne n’accentuent pas les disparités et les inégalités.

Décloisonner les savoirs et mettre la science “en culture”

Dans le souci de rendre accessible à tous la société de la connaissance, l’établissement a pour ambition d’inventer des formes nouvelles de muséologie adaptées à l’écosystème de la science, de ses applications et de ses usages. Face à l’émergence de problématiques excédant le seul champ scientifique, il est essentiel de créer des liens plus étroits entre les sciences fondamentales, les sciences du vivant, les sciences humaines et sociales, l’histoire, la philosophie des sciences et de mettre en scène la richesse de la relation entre les sciences et les arts. Utilisation en sciences de la visualisation graphique ; créateurs artistiques échangeant leur inspiration avec des scientifiques de la physique quantique, des nanotechnologies ou des sciences cognitives... autant d’exemples d’un dialogue riche et créatif entre l’art et toutes les sciences. Cette mise “en culture” de la science contribue finalement à démocratiser l’approche de la complexité, à la rendre plus sensible, notamment vis-à-vis d’un public moins tourné vers les sciences. Donner le goût des sciences et des techniques aux nouvelles générations demande aussi de resituer la science dans le contexte d’une culture générale polymorphe, de proposer des chemins de traverses.
De fait, l’établissement :

• favorisera le dialogue avec les sciences sociales ou les sciences de l’éducation par la création d’expositions sur des sujets de société, l’expérimentation de nouvelles méthodes pédagogiques et la mise en place d’espaces consacrés aux nouveaux usages de l’innovation ;

• offrira une place importante à la relation fructueuse entre la science et l’art à travers une programmation pluridisciplinaire, en lien avec le Grand Palais notamment, associant expositions, spectacles et installations autour de concepts (la beauté, la couleur, la mode...), mais aussi par le développement d’un réseau social “science & art” en ligne, par le soutien de lieux de créativité rassemblant chercheurs, artistes étudiants, par la promotion de la création dans les arts numériques visuels et sonores...

Favoriser la créativité et la prise de risque

Un des plus grands défis d’un système éducatif est d’aider les apprenants à vaincre leurs difficultés, à trouver un sens à leur vie et à participer à la création de leur avenir. On n’apprend réellement qu’en associant rationalité et émotion, compréhension et plaisir de comprendre.

Pour cette raison, l’établissement :

• fera une large place à l’histoire des grandes découvertes, des hommes et des femmes de science, des grands entrepreneurs, à l’exploration des territoires inconnus de l’espace, de la vie, de la terre ou des océans, qui sont de nature à susciter la motivation, voire la passion, à catalyser des vocations, à favoriser l’analyse des risques et de l’incertitude, la créativité et l’innovation. L’histoire des erreurs des scientifiques ou des technologues sera également présentée afin d’humaniser la science et d’encourager un regard critique sur les avancées scientifiques et les progrès techniques par rapport aux besoins réels de l’humanité. La médiation humaine et la participation créatrice des publics, appuyée par le multimédia ou la réalité augmentée, seront des outils au service de cette approche originale ;

• associera les visiteurs à la conception des offres ainsi qu’à l’expérimentation et l’évaluation des innovations qu’elles présentent. Testées par des millions de visiteurs, les innovations pédagogiques de nouvelles applications muséologiques pourront notamment trouver un débouché à l’école, à l’université ou dans des formations continues, illustrant ainsi le lien et la complémentarité entre éducations informelle et formelle. Ce processus de co-création permettra de prendre en compte les attentes des publics, leurs aspirations et leurs propositions, tout en profitant des recherches cognitives sur les apprentissages.

Pour qui ?

Les destinataires de cette mission

Tous les publics

Les premiers usagers de l’établissement sont les visiteurs de ses deux sites physiques, à la Villette et au Grand Palais, ainsi que ceux du site Internet.

Dans cette perspective, les multiples offres ou services proposés doivent, de façon générale, être accessibles à tous : jeunes et moins jeunes, français et étrangers, groupes, individuels, scolaires, enseignants, habitués ou non des établissements culturels en général et des musées scientifiques en particulier.

Parmi ces publics, trois catégories feront l’objet d’une attention particulière :

• les publics peu familiers des établissements culturels : la localisation du site de la Cité dans le Nord-est parisien, son intégration dans le pôle culturel et de loisirs du Parc de la Villette créent des conditions favorables à l’accueil de ces publics. Dans cet objectif et avec l’accueil de classes de ZEP et de “classes Villette”, la Cité a d’ores et déjà misé sur l’innovation pédagogique afin d’offrir, avec la “Cité des métiers”, des services sur l’emploi, l’orientation et la formation professionnelle ;

• les publics présentant un ou plusieurs handicaps : sur ce point, l’expérience de la Cité, labellisée pour son accessibilité pour les quatre types de handicap, est un atout pour l’établissement ;

• les enfants et les publics scolaires, en raison du grand nombre d’offres de qualité qui leur sont destinées.
Une adaptation des prestations de l’établissement aux besoins et à la sensibilité des publics nécessite un suivi particulièrement constant de leurs évolutions. L’analyse des publics et la compréhension de leurs comportements sont des composantes fondamentales pour améliorer les éléments participant à la construction de la visite. Pour cela, le nouvel établissement devra faire évoluer son dispositif, centré aujourd’hui sur l’analyse, vers un véritable outil de veille.

Par ailleurs, l’établissement poursuivra son action de pilotage national des missions “vivre ensemble” et “Culture et handicap”, confiées par le ministère de la Culture pour mobiliser des institutions culturelles afin de promouvoir la tolérance, toucher de nouveaux publics et faire preuve d’exemplarité et de renforcer ses liens avec ses vingt partenaires majeurs en Île-de-France (du Louvre à la BnF, en passant par Versailles, le CMN, le Théâtre national de Chaillot ou le CNC).

Les partenaires

L’établissement s’adresse aussi à un réseau de partenaires de toutes natures, publics ou privés, régionaux, nationaux ou internationaux, qui participent directement ou non à sa mission de service public :

• la communauté scientifique : en tout premier lieu, les organismes, centres et laboratoires de recherche, les Universités et grandes écoles, les musées de sciences et les centres régionaux de culture scientifique, les associations... Les relations avec ces acteurs scientifiques devront être repensées dans le cadre de partenariats stratégiques de mutualisation d’informations et de compétences ou de coproductions ;

• les grandes entreprises, les PME et les pôles de compétitivité avec qui les partenariats devront être systématisés afin d’apporter à l’établissement des ressources financières, des expertises, des savoir-faire. L’expertise des entreprises pourra notamment être requise pour les expositions présentant aux publics les différents aspects de l’innovation, de la recherche, de la mise au point de nouveaux procédés, en lien avec la question du développement durable.

Les institutions

Par ailleurs, l’établissement devra se rapprocher davantage des Académies des technologies, des sciences, de médecine mais aussi des institutions culturelles ainsi que des grands acteurs institutionnels, tant en France qu’à l’étranger, intervenant dans le champ de la diffusion scientifique.

Ses missions l’amenant à jouer un rôle d’interface entre les pouvoirs publics et certains des débats majeurs qui traversent la société, l’établissement proposera aux principaux acteurs politiques, en particulier les élus parlementaires et locaux, des outils d’éclairage et d’expression des grands enjeux de la recherche scientifique. En lien étroit avec l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST), l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques, mais également la Commission nationale du débat public (CNDP), le Centre d’analyse stratégiques (CAS), et sur les questions environnementales, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), il fera vivre les débats posés par l’innovation et le progrès scientifique.

La société civile

L’établissement, acteur et accompagnateur du débat public, devra être le lieu où dialoguent les citoyens et la société civile organisée notamment autour de think tank, d’ONG, des acteurs du tissu associatif, des intellectuels... sur les grands enjeux de notre temps (réchauffement climatique, questions de santé, etc.)

Les salariés

Enfin, parce qu’un établissement d’excellence scientifique se doit d’être exemplaire et de conduire des expérimentations internes de partage de connaissance, ses salariés doivent pouvoir s’épanouir dans le cadre de leur institution et profiter pleinement de ses offres culturelles. Pour cela, une Université interne sera créée, en lien avec la stratégie de formation de l’établissement et avec l’évolution des métiers de la médiation scientifique, notamment par l’intégration dans ce métier des différentes formes complémentaires de médiation : orale, muséologique, écrite et numérique.

Comment ?

Les différents moyens pour réaliser cette mission

Des sites rénovés, différenciés et complémentaires

Afin de porter sa mission de la meilleure façon possible et constituer un espace de respiration pour la science et la culture scientifique, l’établissement doit être convivial et attractif. C’est la raison pour laquelle les deux sites physiques et le site Internet du nouvel établissement doivent être modernisés et rénovés. La naissance du nouvel établissement doit créer une dynamique propre à stimuler ce processus indispensable de rénovation et traduire, dans les bâtiments, les espaces comme dans les offres, la volonté cohérente que chaque site fasse vivre une âme et une identité qui le distinguent.

Un musée des fondamentaux scientifiques au cœur du Palais des Arts et des Sciences

Aujourd’hui, le Palais est un lieu de rencontre avec des scientifiques, de démonstration des phénomènes réels, un lieu intime et sidérant qui fait rêver et qui fait découvrir à chacun qu’il peut y avoir du plaisir à comprendre les sciences. En même temps, ce site est un monument historique qui n’a pas connu de rénovation d’ampleur depuis soixante-dix ans. Le projet de rénovation liant la refonte de l’offre muséologique à celle du monument historique dans une démarche d’éco-conception a permis, en collaboration étroite entre les médiateurs et la communauté scientifique, de proposer l’idée d’un “Musée-laboratoire”, habité par l’histoire du lieu, faisant partager aux visiteurs une science en construction, inscrite entre un passé et un devenir.
Ce projet permettra aux visiteurs :

• d’être reçus dans un “Palais de la science” : le visiteur sera reçu dans un site où le merveilleux du lieu rejoindra celui de la science, le cadre architectural grandiose symbolisant l’importance accordée à la science dans la culture générale. Les grandes expériences seront présentées dans un bâtiment qui retrouve sa lumière, ses volumétries d’origine. La beauté, l’attractivité, le côté fascinant de la science seront montrés, sans fard, avec l’esprit de découverte qui les caractérise. Patrimoine culturel dépositaire d’une histoire, le site du Palais transmettra aux citoyens des repères de base pour mieux s’approprier les grandes questions de société. Il fera appel à la sagacité de grands scientifiques et à la sensibilité d’artistes contemporains, pour apporter des idées nouvelles, des raisonnements disruptifs, pour frapper l’imaginaire, stimuler le questionnement, interroger les processus de création et de découverte ;

• de pénétrer dans les “coulisses de la science” : le site conservera sa convivialité et son échelle humaine. Les grands fondamentaux de la science du XXIe siècle seront regroupés en quatre thèmes, autour d’une rotonde centrale mettant en scène les croisements de regards interdisciplinaires. Ils seront abordés par l’humain, l’approche expérimentale et le réel. Des chercheurs et des médiateurs présenteront des manips issues de laboratoire. La démarche exploratoire sera développée afin de stimuler l’esprit critique et de préparer les esprits aux grandes mutations sociétales. Enfin, dans un “musée-laboratoire”, tous les interstices de la visite seront propices à l’exploration. L’éco-rénovation du monument, sorte d’“expérience géante” sera explicitée.

Une Cité ouverte sur la société

De même, après 23 ans d’ouverture aux publics, il est indispensable d’améliorer la qualité de visite et d’usage du site de la Cité. Comme pour le projet de rénovation du Palais, celui de la Cité s’inscrit dans le plan global qui concerne à la fois son insertion dans l’environnement urbain, l’amélioration de la qualité d’usage et des espaces et services d’accueil, et la rénovation des offres culturelles, en particulier des expositions permanentes.

• Répondre aux attentes exprimées par les publics de repères et de sens en élaborant des expositions organisées sur deux pôles : des expositions de référence (trois expositions sur trois sujets essentiels : l’Univers et la matière – ouvert en 2008, le vivant et les cultures) sur environ 6 000 m² ; une galerie du développement durable et des innovations, sur environ 4 000 m².

Par ailleurs, pour maintenir une offre de contenus actualisés et pour aider les publics à réfléchir à l’impact du développement scientifique sur l’environnement et les sociétés, tout un ensemble renouvelé de services, de ressources documentaires et de médiations, est également proposé aux visiteurs.

• Inscrire la Cité sur le site du nord du canal du Parc de la Villette à travers une transformation des abords, de l’accueil et de la circulation : le périmètre du projet de rénovation de l’accueil s’étend sur tous les espaces communs de la Cité, depuis l’accroche à la ville jusqu’aux portes des différentes offres et services. Outre la rénovation du hall, la Cité se réapproprie totalement les trois hectares du parvis par un traitement paysagé et la création de circulations simples et accessibles depuis les différents modes de transport ;

• Engager l’éco-rénovation : le site de la Cité va engager une mise à niveau des bâtiments et de leur exploitation en vue de réduire leur impact sur l’environnement. Le vieillissement des installations techniques et du bâti oblige à repenser les systèmes techniques et à rénover l’enveloppe du bâtiment, conformément aux exigences du Grenelle. Ce site dédié aux sciences et à l’innovation doit être une vitrine majeure et exemplaire des technologies vertes.

Le portail e-sciences.fr, tête de réseau et centre de ressources

Le site portail de l’établissement proposera à chacun de multiples entrées et parcours à la carte pour aller plus loin, débattre, participer, découvrir les avancées scientifiques, techniques, économiques et sociales liées aux questions de sciences, des plus élémentaires aux plus complexes.

L’accès à e-science.fr se fera par trois entrées :

• les deux sites “Cité” et “Palais” consacrés à l’identité de chaque maison, à la programmation et aux parcours proposés aux visiteurs ;

• un site “ressources”, véritable portail national du patrimoine documentaire et des contenus “sciences innovation et société” intégrant les ressources des partenaires du nouvel établissement : autres musées, CCSTI, centres de sciences étrangers, organismes de recherche, universités, entreprises.

De plus, au croisement de la télévision, de l’Internet et d’une chaîne de télévision et du News magazine, une webTV scientifique hebdomadaire, e-science.TV, sera lancée dès le 31 décembre 2009, en partenariat avec plusieurs organismes de recherche.

Mettre l’humain au cœur du dispositif

En matière de médiation humaine, les deux établissements ont acquis des connaissances et élaboré des savoir-faire d’une grande richesse. Le nouvel établissement s’inscrira dans la continuité de cette expérience, considérant l’accompagnement humain comme un facteur décisif de la qualité de la visite.

Son ambition est de considérer la médiation scientifique comme un enjeu d’avenir, intégrant à la fois l’expertise scientifique, la compétence de transmission et l’expérience des publics. En généralisant la maîtrise des différents types de médiations (orale, écrite, muséologique et numérique), l’établissement favorisera la participation des médiateurs dans les “groupes projets” chargés, avec l’appui d’experts scientifiques extérieurs, d’instruire les projets et de produire les offres.

• Au Palais, les “exposés”, appuyés sur des dispositifs analogues à ceux qui ont servi à l’expérimentation scientifique, constituent des moments forts de la visite, propres à réconcilier le visiteur avec la démarche scientifique à laquelle il est convié à participer ;

• À la Cité, de multiples formes de médiations ont été développées, de l’atelier scientifique ou numérique à la démonstration spectaculaire, en complément de l’exposition ou des autres ressources disponibles.

La mise en place du nouvel établissement offre une opportunité de synergie et d’échange de bonnes pratiques entre les différentes expériences en matière de médiation, propre à créer une dynamique d’enrichissement mutuel et de relance de l’innovation en ce domaine. Ceci se traduira par le projet d’une “école de la médiation”, pôle d’innovation et de formation construit en réseau avec les partenaires impliqués dans ce domaine d’activité.

Par ailleurs, l’établissement proposera pour multiplier des rencontres directes avec les chercheurs des programmes de conférences, colloques et opérations du type “Un chercheur, une manip”.

Disposer d’une offre attractive et innovante

Afin de placer la science au cœur de la société, les deux sites disposent d’outils et de savoir-faire diversifiés. À ceux-ci vont s’ajouter de nouveau outils innovants.

L’établissement bénéficie d’un large panel de moyens pour remplir sa mission : expositions, centre de ressources documentaires, conférences et débats de société, médiation scientifique, animation, événements, traitement de l’actualité scientifique, espaces ressources ou de services tournés vers les métiers et de la santé, espaces dédiés aux technologies numériques, offres exceptionnelles pour les enfants, centre des congrès, planétariums, cinéma, auditoriums ainsi qu’une Géode qui bénéficie depuis 2008, en plus de son système IMAX, d’un dispositif de multi projection numérique géante permettant de disposer d’un large éventail de programmes.
Dans le cadre du nouvel établissement, un certain nombre de ces outils vont être repensés en fonction des nouveaux besoins des publics, afin de réaliser :

• un observatoire scientifique de la planète : Il s’agit de faire de l’établissement une vaste plate-forme de diffusion et d’interprétation des données scientifiques issues des réseaux d’observation et de veille nationaux et internationaux à destination du grand public. Il s’inscrit en prolongement des observatoires scientifiques existants qui s’adressent principalement aux chercheurs, aux décideurs ou aux enseignants. Ses fonctions seront de donner libre accès, de façon interactive et attractive, aux données scientifiques issues des banques de données et d’images (graphes, cartographie, images satellitaires...) sélectionnées avec les partenaires du projet et de proposer une interprétation des données scientifiques au service d’une meilleure compréhension des mécanismes en cours (locaux /globaux) et des enjeux actuels et à venir ;

• un observatoire des éco-innovations : Il s’agit d’une plate-forme d’usage dédiée aux technologies vertes dont la vocation est de promouvoir les éco-produits, les éco-démarches, les éco-services, les recherches en cours, les initiatives éco-responsables, les nouveaux métiers et formations en ce domaine. Un forum des éco-innovations présentera une sélection d’innovations, renouvelée régulièrement. Ces sujets seront approfondis sous forme d’expositions temporaires, dans le cadre de la maison du futur.

Par ailleurs, pour inciter les publics à comprendre et à participer aux changements du monde en tant qu’acteurs éclairés, sera mise en place :

• la galerie de l’économie. Alors que 4 français sur 10 reconnaissent leur ignorance en matière d’économie, le nouvel établissement veut mettre à disposition des publics des moyens permettant de comprendre les enjeux qui sous-tendent débats, décisions et changements majeurs en ce domaine. À cet effet, l’établissement proposera une diversité de formes de médiation pour encourager la compréhension de la micro-économie, de l’innovation et de la gouvernance économique et financière dans la perspective du développement durable et plus équitable des ressources. En retour, cette expérience pourrait servir de complément à l’enseignement de l’économie à l’école.

Enfin, pour donner toute son importance à la culture numérique, en relation avec la science, les arts et la technologie, une nouvelle offre sera proposée :

• la plateforme Renaissance qui encouragera la production artistique dans tous les domaines où elle rencontre la recherche et la technologie et favorise l’accès du grand public aux sciences et à la culture numérique. Elle s’articulera autour d’un ArtLab, lieu d’échanges et de co-création entre des artistes, des scientifiques et des jeunes créateurs, étudiants ou en résidence et de la biennale Renaissance, festival international où seront décernés des prix “mondes virtuels”, “art et développement durable” (Green Art).

Promouvoir la co-création

L’Internet a donné au concept de co-création une nouvelle vigueur qu’il est intéressant de développer :

• d’une part, parce que les sciences, la recherche et leurs applications sont des domaines dans lesquels le travail collectif et le partage des savoirs et de leurs modes de transmission sont des conditions de réussite ;

• d’autre part, parce que ce concept implique la participation active de publics dans la transmission des connaissances et dans l’émulation collective due à l’appropriation de savoirs autrefois réservés aux experts.

Afin de promouvoir la co-création, l’établissement a l’intention de se positionner comme un musée laboratoire de l’innovation, de et par le numérique. Pour cela, il développera une plateforme multi-usages qui associera chercheurs, industriels et artistes. Elle permettra d’intégrer le public, et les jeunes de la “net gen” en particulier, dans la chaîne de production des objets et des services nouveaux tout en confrontant technologies émergentes et création artistique. Cette plateforme s’articulera autour de “laboratoires” montés avec divers partenaires : laboratoire sur les usages des innovations par le public, sur l’utilisation de dispositifs numériques pour concevoir des objets, des installations ou des oeuvres artistiques, sur le développement des “jeux vidéo sérieux”. C’est un lieu où scientifiques, ingénieurs, médiateurs, artistes et public pourront échanger et créer.

Le site Internet sera également un outil important de co-création. Conçu comme une plateforme communautaire et collaborative, il permettra la participation du public à la conception et au développement des nouveaux projets de l’établissement, et en particulier un think tank des jeunes, une université ouverte, des serious games.

Pour contribuer au partage des contenus, les projets suivants sont en cours :

• numérisation du patrimoine de l’histoire de la culture scientifique qui, après les fonds du Palais et de la Cité, pourra s’élargir à l’ensemble du réseau culturel scientifique français (CNAM, Muséum d’histoire naturelle, CCSTI...). Cet investissement aura une traduction dans le domaine de l’édition scientifique et des e-books ;

• plateforme éducative en ligne, donnant à l’enseignant la possibilité de créer des situations d’apprentissage qui permettent de réemployer en classe, les ressources numériques et l’offre globale du futur établissement (activités pédagogiques en ligne, jeu de rôle...) ;

• services numériques pour l’emploi, qui seront une composante du projet de rénovation de la Cité des métiers en contribuant, notamment, à diffuser la culture du télétravail ;

• plateforme de création et de co-création en ligne dans le domaine de l’art, des sciences et des technologies se traduisant notamment dans la programmation “arts & sciences” de la webTV ;

• une Université numérique citoyenne pour contribuer à l’explication et aux dialogues sur les grands enjeux du XXIe siècle (nouveaux risques, changement climatique, évolution des sociétés humaines...).

Devenir un pôle national de rayonnement de la culture scientifique

Proposer à tous les publics des offres exigeantes et de qualité suppose de savoir partager ses expériences et ses compétences avec d’autres acteurs de terrain de la culture scientifique. Plus encore, le futur pôle national veut développer une culture de réseau qui, au-delà de la mutualisation de supports et de moyens, se traduise par la création et la diffusion en commun de contenus innovants.

Pour cela, l’établissement doit être engagé dans son environnement local sur ses deux sites physiques :

• à la Villette : il s’agit participer activement à la réflexion sur l’avenir de la Villette et de développer une logique de partenariat de site avec les établissements du parc de la Villette : l’EPPGHV, la Cité de la musique, la future Philharmonie ;

• au Grand Palais, il s’agit d’inscrire le site du Palais dans le cadre du projet du “Palais des arts et des sciences” confié par le président de la République à Jean-Paul Cluzel, président de l’établissement public du Grand Palais des Champs Elysées et président du conseil d’administration de la Réunion des musées nationaux.

S’agissant de l’environnement national et européen, l’établissement devra être :

• un partenaire exemplaire du rayonnement territorial : la création de l’établissement offre l’opportunité de repenser le cadre et les priorités de coopération entre tous les acteurs du réseau poursuivies par le Palais et la Cité depuis le Plan national pour la diffusion de la culture scientifique 2004 : centres de culture scientifique et technique, muséums d’histoire naturelle, associations de loisir scientifique, organismes de recherche, universités, médias, bibliothèques de sciences mais aussi avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’État qui jouent un rôle majeur dans l’émergence de politiques locales de culture scientifique ou la création d’équipements ;

• une référence en Europe et à l’international : en s’appuyant sur la légitimité du Palais et de la Cité, l’établissement accompagnera la diffusion des priorités européennes de recherche auprès des publics. En ce sens, le volet “Capacités” de la politique européenne de recherche - (encouragement des vocations scientifiques, innovation dans la médiation et la communication, relations sciences & société...) rejoint les missions du nouvel établissement. En outre, au-delà de sa contribution aux réseaux européens (ECSITE) et international (ASTC) de centres de sciences, l’établissement veut proposer la création d’un “G8” des musées de sciences pour travailler en commun sur des thématiques d’envergure planétaire, comme la santé, le changement climatique, la civilisation numérique ;

• un outil du rayonnement culturel scientifique français à l’étranger : l’attachement de la communauté scientifique internationale au Palais, l’exportation des programmes de la Cité, de Rio à Shanghai, et les nouveaux projets plaident pour faire de l’établissement une plateforme de promotion de l’expertise française. C’est la raison pour laquelle la Cité a présenté au Conseil scientifique de l’UPM un projet d’Observatoire de la biodiversité méditerranéenne proposant à des jeunes et à leurs professeurs de nourrir en temps réel un portail web d’observation scientifique. Dans le cadre de la francophonie, il bâtira, avec l’OIF et l’Agence universitaire francophone, un plan d’action pour le rayonnement scientifique qui sera discuté à l’occasion d’un prochain sommet de la francophonie.

L’influence française peut également gagner à l’exportation du savoir-faire de l’établissement dans des opérations d’itinérance d’expositions, de conseil et d’ingénierie pour la création d’équipements de culture scientifique dans le monde.

Conclusion

Être ensemble

Rassembler le Palais et la Cité ne procède pas d’un exercice comptable ou d’une mesure rationnelle de mutualisation des ressources. Le nouvel ensemble à venir que nous allons bâtir va marier deux cultures, deux identités, deux approches de la science et de la relation aux publics très complémentaires et ainsi mettre en perspective, en cohérence, l’apprentissage des fondamentaux et l’appropriation des innovations. Face aux nouveaux défis du monde que la science suscite ou entretient, les approches singulières du Palais et de la Cité vont se conjuguer dans un double regard, riche et complet, offert aux publics.

Les mutations actuelles, dans ce qu’elles ont de meilleur, portent en elles des valeurs : l’innovation et la créativité, la responsabilité, la solidarité et le respect. En dernière instance, ces valeurs sont celles d’un service public attentif avant tout à rendre accessible au plus grand nombre ces “biens publics” que sont la connaissance et la culture. Ce sont ces valeurs partagées et cet attachement commun à une haute mission de service public qui fondent la légitimité et la force de notre action.

notes bas page

[1Le terme “sociétés de la connaissance” est apparu dans les années 1990. Il caractérise une période où chaque pays, à son rythme, voit le savoir, l’information et la communication prendre une place centrale. Parler des fractures et des évolutions et non de révolution, c’est souligner la force des changements sociaux en cours, des rapports de force et des inégalités qui en découlent. In Sociétés de la connaissance : Fractures et évolutions, les essentiels d’Hermès, CNRS éditions.

[2Olivier Donnat, Les pratiques culturelles des français à l’ère numérique, Enquête 2008, La Découverte / Ministère de la culture et de la communication, Paris, octobre 2009.

[3Rapport de décembre 2006 de Européen Schoolnet sur l’impact des TIC

[4Rapport de l’US department of education 2009 commandé au Stanford Research Institute.

[5Rapport 2007 Science Education Now : a renewed Pedagogy for the future of Europe de la Commission européenne.

[6Declining Enrolment in S&T Studies. Is it real ? What are the causes ? What can be done ? OCDE, 2005. Dans cette étude l’OCDE observe une baisse structurelle du nombre de diplômés en sciences fondamentales, mais aussi en ingénierie dans tous les pays européens. Le rapport constatait la même tendance chez les bacheliers, en soulignant le peu d’engouement des filles pour ces filières, à l’exception des sciences de la vie.



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