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Dionys Mascolo, signataire du "Manifeste des 121"

Quelques indications biographiques et bibliographiques relatives à Dionys Macolo, par Taos Aït Si Slimane. Texte publié initialement dans mon blog Tinhinane, le dimanche 21 mai 2006 à 00 h 39

« Une intelligence qui ne se méfie pas d’elle-même risque de tout simplifier dangereusement. La hâte qu’elle met à conclure conduit à l’erreur, ou, grossièrement parlant, lui fait frôler la bêtise. Il n’y a pas de mystère. C’est la bêtise de l’intelligence même. » Dionys Mascolo, Carnets 1980-1982.

Apprenant la mort, de Dionys Mascolo, dans la page d’annonce du monde du 22 août 1997, Maurice Nadeau écrit dans son Journal en public (2006) : « Comment est-ce possible ? […] Un pan de ma vie. Antelme, Marguerite, aujourd’hui Dionys. […] Dionys, je me rappelle son « Saint-Just ». Comment ne pas penser à son « Saint-Just » ? La polémique que nous avons eue à propos de son livre sur le communisme. Les soirées rue Saint-Benoît avec Vittorini. Notre amitié. Le « 14 juillet », 58 De Gaulle. Le texte que je publie de lui « Sur ma propre bêtise, et celle des autres ». L’ascendant qu’il avait sur ses amis, sur moi. Les « 121 ». Mai 68. Nous nous retrouvions toujours au bon moment.

Je lis dans « les fragments posthumes de Nietzsche : « ;… à vous, les intermédiaires et les combineurs, à vous moitiés - moitiés, je dis ceci : vous n’êtes pas nets… » Dionys était « net ».

Écrivain, essayiste, éditeur et acteur, Dionys Mascolo est originaire d’Italie. Il est né le 11 février 1916. Il est mort le mercredi 20 août 1997 à l’hôpital Rothschild de Paris. Compagnon de Marguerite Duras durant quelques années, ils eurent, en 1947, un fils prénommé Jean.

Lecteur chez Gallimard dès 1942, Dionys Mascolo y fréquente Albert Camus, Maurice Blanchot… Il rencontre Marguerite Duras au « Cercle » de la librairie et par son intermédiaire, fait la connaissance de Robert Antelme. Une longue et infaillible amitié unit les deux hommes. Maurice Nadeau écrit dans son « Journal en public », (2006) : « Entre ces trois êtres d’exception existent des rapports de profonde amitié, de respect mutuel et de totale liberté sexuelle. Marguerite est au centre, naturellement, mais le vocabulaire fait cruellement défaut pour caractériser ce trio non-conformiste qui va militer et se battre pour une cause qui contient et dépasse l’histoire de chacun ».

Avec Marguerite Duras et Robert Antelme, il créé le « Groupe de la rue Saint-Benoît », lieu de résistance et d’agitation intellectuelle, et se lie avec Blanchot, Maurice Nadeau, Edgar Morin, Georges Bataille… Il rejoint la résistance en septembre 1943 (MNPGD : Mouvement National des Prisonniers de Guerre et des Déportés, dirigé par François Mitterrand). En 1944, Patrice Pelat, directeur du journal « ;l’Homme libre », le fait gérant de sa publication. Quand Robert Antelme est arrêté en juin 1944, Dionys Mascolo récupère les dossiers de la résistance au 3ème étage du 5 rue Saint-Benoît, pendant qu’Albert Camus fait le guet en bas de la rue. Après la prison de Fresnes, Robert Antelme est déporté à Buchenwald, puis conduit au kommando Gandersheim et pour finir à Dachau. En 1945, sur indications de François Mitterrand, Dionys Mascolo, Jacques Bénet et Georges Beauchamp sautent dans une voiture et atteignent Dachau pour récupérer l’ami Antelme. En 1946, Dionys Mascolo fonde avec Robert Antelme et Marguerite Duras Les Éditions de la Cité Universelle qui publient : L’An zéro de l’Allemagne d’Egdar Morin ; « Les Œuvres choisies de Saint-Just, discours- rapports, institutions républicaines, dont Dionys Mascolo signera l’introduction sous le pseudonyme de Jean Gratien, L’Espèce Humaine de Robert Antelme.

Avec Robert Antelme, il adhère, en 1946, au Parti communiste français, dans la cellule d’Edgar Morin et Monique (future épouse de Robert Antelme). Les Lettres françaises publient le 27 juin 1947 leur entretien avec Elio Vittorini qu’ils viennent de rencontrer. Il démissionne du PCF en 1949. Il prend ses distances au moment des procès staliniens et publie en 1953 chez Gallimard, Le Communisme : révolution et communication ou la dialectique des valeurs et des besoins, « le Communisme », où il oppose à Jean-Paul Sartre l’impossibilité d’être communiste et l’impossibilité de ne pas l’être. Il entreprend un voyage (1956-1957) en Pologne, en compagnie de Robert Antelme, Claude Lefort et Egdar Morin, qui donne lieu en 1957 à la publication de Lettre polonaise sur la misère intellectuelle en France, aux Éditions de Minuit.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la « France est en guerre avec ses colonies » et Dionys Mascolo est de tous les combats antigaullistes et surtout anticolonialistes : en 1955, il est a l’origine (et un des principaux animateurs) avec Robert Antelme, Edgar Morin et Louis-René Des Forêts du « Comité des Intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord », rallié par André Breton et les surréalistes (cf ; son témoignage sur André Breton [1]). Le comité est dissous en 1957. Dionys Mascolo rencontre Jean Schuster. Georges Bataille, Edgar Morin, J. Duvignaud., Michel Leiris les rejoindront au sein du nouveau « Comité des Intellectuels révolutionnaires ». Avec Jean Schuster et Benjamin Péret, il lance une revue (trois numéros ont paru) d’opposition au nouveau régime installé par de Gaulle le 13 mai 1958 : Le 14 Juillet. De nombreux intellectuels y participent tels Arthur Adamov, Roland Barthes, J. Beaufret, Maurice Blanchot, J. Duvignaud, J. Gracq, Jean Paulhan, J. -E. Rolland, ELio Vittorini... « Que des intellectuels se réunissent pour dire non ensemble, et chacun avec son propre ton, justifierait déjà l’existence du Le 14 Juillet. » Marguerite Duras.

En 1960, il rédige, avec Maurice Blanchot et Jean Schuster, la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie » (cf. L’esprit d’insoumission). Dans le même temps naît, avec Maurice Blanchot, le projet de créer une revue internationale, de langue française, italienne et allemande. Un seul numéro paraîtra dans la revue italienne Il Menabo. Le projet produit, entre 1960 et 1964, de riches et abondants échanges intellectuels avec entre autres Hans Magnus Enzensberger, Uwe Johnson, Francesco Leonetti, Elio Vittorini, Iris Murdoch, Louis-René des Forêts...

Lors des événements de Mai 68, Dionys Mascolo participe, le 5 mai 1968, à l’Appel au boycott de l’ORTF et fonde, le Comité d’Action Étudiants-Écrivains. Comité, le bulletin n°1 paraît en octobre 1968 avec des textes, volontairement, anonymes.

Dans Autocritique, Edgar Morin écrit, à propos de Dionys Mascolo : « se manifestait très peu publiquement, mais exerçait une influence plus profonde sur ses amis auprès desquels il avait une sorte de rôle d’animateur ». Il a été de toutes les explosions émancipatrices de son temps.

En 1977, il est cosignataire d’un communiqué paru dans Le Monde du 26 janvier 1977 [2]

Parallèlement à son engagement politique, il écrit nombreux articles dans des hebdomadaires et des mensuels littéraires et politiques. Spécialiste de Nietzsche et de Saint-Just, ses réflexions s’orientent surtout sur le rôle de l’intellectuel dans les luttes révolutionnaires. Dans les dernières années de sa vie, il s’est consacré à l’édition complète des œuvres de Nietzsche, dont il était co-responsable avec le philosophe Maurice de Gandillac.

Bibliographie

- Le Communisme : révolution et communication ou la dialectique des valeurs et des besoins, Éditions Gallimard, 1953.

- L’Antéchrist de Nietzsche, préface, Éd. Jean-Jacques Pauvert coll. Libertés, 1967.

- Œuvres de Saint-Just, Réédition en 1968 dans la collection Idées aux Éditions Gallimard.

- Haine de la philosophie, Heidegger pour modèle, extraits parus dans Lignes n°15 et 16, 1992.

- Haine de la philosophie, Heidegger pour modèle bassesse et profondeur, essai, Éd. Jean-Michel Place, 1993, 176 pages, ISBN : 2858931909.

- À la recherche d’un communisme de pensée, sélection d’article et essais, aux Éditions Fourbis, 1993.

- Autour d’un effort de mémoire, sur une lettre de Robert Antelme, Éd. Maurice Nadeau, 1998, 94 pages, ISBN : 2862310735. « Il nous était impossible, après ce qui s’était dit, ce qui s’était su là, de recommencer à vivre de la vie d’avant... sauf à recourir à la dénégation. Le seul désaveu... d’une humanité capable de donner lieu à CELA eût été le suicide » Dionys Mascolo.

- De l’Amour, Ed. Benoît Jacob 1999, 76 pages, ISBN : 291364502X. Préface d’Edgar Morin : « En langage courant, l’amour est une utopie. Tout comme l’homme est une utopie. Justement parce qu’il est l’espace privilégié où il se dépense peut-être le plus d’efforts pour tenir en respect l’inhumanité qui est en l’homme, l’amour, plus que les guerres ou toutes les luttes de prestige possibles, met en évidence la part qu’on dirait irréductible, non réduite en tout cas, de cette inhumanité. Mais contre tout les humanismes qui font comme si l’on savait déjà ce que c’est, l’homme lui-même, répétons le est une utopie. Nous sortons à peine des cavernes. le processus d’hominisation est en cours. L’amour suit ce cours. Dans quelques temps, l’homme sera probablement capable d’aimer dans la certitude d’aimer. »

- Nietzsche, l’esprit moderne et l’Antéchrist, essai, Ed. Farrago. Réed. 2000, ISBN : 284490033X

- Frédéric Nietzsche / L’Antéchrist / Anathème contre le christianisme précédé de Nietzsche, l’esprit moderne et l’Antéchrist, Ed. Benoit Jacob, 2002, 167 pages, ISBN : 2-913645-05-4. « L’homme de la croyance, le « croyant » de toute sorte, est nécessairement un homme dépendant, un homme incapable de se prendre lui-même pour fin, de se fixer spontanément quelque fin que ce soit. Le « croyant » ne s’appartient pas, il ne peut être qu’un moyen, il lui faut être utilisé, il a besoin de quelqu’un qui l’utilise. Son instinct fait le plus grand honneur à une morale de l’aliénation de soi : tout la lui persuade, sa prudence, son expérience, sa vanité. Toute espèce de foi est elle-même l’expression d’un renoncement à soi, d’une aliénation de soi... »Frédéric Nietzsche. « Nous ne savons ce qu’est l’homme. Mais nous savons ce qu’il ne doit pas être, ce que nous ne pouvons plus admettre qu’il soit. Nous ne savons de même ce qu’est le monde ; mais nous savons que nous ne pouvons plus admettre aucun des sens dont on a tenté de le charger. Nous n’apercevons aucune issue à notre vie dans ce monde. Comprendre serait l’issue : comprendre est comprendre qu’il n’y a pas d’issue, et comprendre est la seule issue. » Dionys Mascolo.

- Entêtements, sélections de textes, Ed. Benoît Jacob, 2004, ISBN : 2913645097.

Voir également

- Marguerite Duras par Marguerite Duras, Jacques Lacan, Maurice Blanchot, Dionys Mascolo, Ed. Edité par Benoît Jacob.

- Lignes, revue qui ouvre ses pages, dans son numéro 11 de 1990, au dossier de La Revue internationale et réédite dans un hors série les 3 numéros de la revue Le 14 juillet.

- Lignes, n°33 avec Dionys Mascolo, Ed. Hazan, 260, 1997.

Interprétation (longs métrages)

Sollicité comme acteur pour le cinéma, Dionys Mascolo participe à une dizaine de films dont :

- Jaune le soleil, 1h 23, 1971. Film politique réalisé par Marguerite Duras, avec Catherine Sellers, Mascolo, Sami Frey, Michael Londsale.

- Nathalie Granger, 1h 23, 1972. Comédie dramatique réalisée par Marguerite Duras, avec Lucie Bosé (Isabelle), Jeanne Moreau (l’autre femme), Gérard Depardieu (vendeur), Luce Garcia-Ville (professeur), Dionys Mascolo (Granger).

- Mes Petites amoureuses, 2h 30, 1974. Comédie dramatique réalisée par Jean Eustache, avec Martin Loeb (Daniel), Jacqueline Dufranne (Grand-mère), Jacques Romain, Ingrid Caven (mère), et Dionys Mascolo (José Ramos).

- La femme du Gange, 1h 40, 1974. Drame psychologique réalisé par Marguerite Duras, avec Catherine Sellers, Christian Baltauss, Gérard Depardieu, Dionys Mascolo.

- India song, 2h, 1974. Comédie dramatique réalisée par Marguerite Duras, avec Delphine Seyrig (Anne-Marie Stretter), Michael Lonsdale (Vice-consul de Lahore), Claude Mann (Michael Richardson), Mathieu Carrière (attaché d’ambassade), Dionys Mascolo (voix intemporelle).

- Flammes, 1h30, 1978. Drame psychologique réalisé par Adolfo Arrieta, avec Caroline Loeb (Barbara), Xavier Grandes (pompier), Dionys Mascolo (père de Barbara) et Marilu Marini (mère de Barbara).

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Commentaire (sans les données personnelles de l’auteur du message)

(1) FABRICE, le samedi 14 avril 2007 à 08 h 08, site indiqué :

Bonjour

Je viens de mettre en ligne des témoignages sur Breton et parmi les intervenants figurent Mascolo. Dans son intervention, il relate l’histoire de sa rencontre avec Breton lors de la création du manifeste des 121.

Si cela vous intéresse, je peux vous faire parvenir uniquement son témoignage. Pour cela, contactez-moi par mail.

Merci pour votre blog et bonne continuation.

Fabrice


Rép. de Tinhinane, mardi 17 avril 2007 à 20 h12

Bonsoir Fabrice

Merci. Grâce à vous je démarre la page d’André Breton. Je viens de mettre en ligne la transcription des témoignages que vous m’avez signalés

notes bas page

[1
Dyonis Mascolo : En novembre 1955, lorsqu’il devint évident que le gouvernement de la France allait s’engager en Algérie dans une autre des ces guerres de reconquête coloniale dont l’enchaînement ne s’était pas interrompu un seul jour depuis le dernier jour de la Guerre Mondiale, nous fûmes quelques amis à décider d’aller voir si vraiment nous étions condamner à rester spectateurs de tant de malfaisance déchaînée. Nous étions seuls et misérables. A peine notre appel parvint-il à Breton, de qui nous étions inconnus, qu’il fut à nos côtés avec une promptitude, une générosité, je dirais une imprudence qui nous parue sur le champ admirable, habitués que nous étions à ne trouver l’accord des hommes de pensée dans de telles circonstances qu’à travers d’exténuantes épaisseurs de soupçons, de méfiance, d’avarice. Tant de jeunesse intacte chez un homme que 30 ans de tentatives semblables pour s’opposer au cours dégradant des choses auraient pu justement blazer, une telle faculté de faire confiance, arracher l’amitié en retour et une confiance égale. Cette confiance ne s’est depuis jamais démentie. De là est né le « Comité d’action des intellectuels français contre la poursuite de la Guerre en Algérie » qui joua un rôle actif dans une œuvre très nécessaire que le pouvoir d’alors, à tort ou à raison, nommait « démoralisation de l’armée ». Le Comité ne pu malheureusement survivre au déchirement qui suivi, un an plus tard, la révolution hongroise. De nouveau nous nous sommes trouvés en plein accord avec Breton et ses amis pour estimer que, toute considération tactique à part, un tel Comité, voué à la défense d’une insurrection populaire, ne pouvait passer sous silence l’écrasement d’une autre insurrection populaire, sauf à demander à chacun de faire de sa conscience deux parts, hémiplégie fréquente en politique. Malgré ceux qui se croyaient plus réalistes que nous mais qui, par là, négligeait le fait que les principes sont aussi choses réelles, le Comité perdit en effet très vite toute autorité et d’ailleurs toute conviction. Le coup de force du 13 mai 58 et notre opposition au nouveau régime resserra encore notre entente. Les temps du Comité relativement heureux étaient loin. Des élections apportaient bientôt une légitimité jusqu’alors incertaine au nouveau pouvoir. La classe intellectuelle disparaissait de la scène en même temps que le peuple. Nous étions ensemble mais dans le grand vide qui s’était fait nos efforts ne trouvèrent guère d’échos. Il fallait attendre l’automne de 1960, la Guerre d’Algérie, après plus de 2 ans de pouvoir gaulliste, ne faisant qu’empirer, pour que la Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la Guerre d’Algérie, dite « Déclaration des 121 », vint à nouveau manifester que des exigences de l’esprit se faisant jour en dépit des lois, des polices et de tous les corps de l’État pouvaient aussi agir comme une force matérielle parmi les forces matérielles. Parmi ces signatures, celle de Breton et de tous ses amis. Il n’est pas nécessaire de nous attendre au pire pour prévoir que bientôt nous sentirons le soutien de Breton nous manquer. Ce sera pour la première fois.

[2Pédophilie : Appel à la tolérance

« Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d’assises des Yvelines vont comparaître pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, qui arrêtés l’automne 1973 sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficie du principe de liberté des inculpés.

Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de « mœurs » où les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d’instruction qu’ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous parait déjà scandaleuse.

Aujourd’hui, ils risquent d’être condamnes à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favoris et photographié leurs jeux sexuels.

Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste d’une part, entre la qualification de « crime » qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d’autre part, entre la caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ?) La loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement d’un mineur de treize ou quatorze ans qu’elle peut juger et condamner, alors qu’elle lui refuse cette capacité quand il s’agit de sa Vie affective et sexuelle.

Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhart ne retrouvent pas la liberté. »

Signataires du communiqué : André Glucksmann, Louis Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Judith Belladona, docteur Michel Bon, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, Franois Chatelet, Patrice Chéreau, Jean-Pierre Colin, Copi, Michel Cressole, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Fanny Deleuze, Bernard Dort, Franoise d’Eaubonne, Maurice Erne, Jean-Pierre Faye, Pierrette Garrou, Philippe Gavi, Pierre-Edmond Gay, Claire Gellman, Robert Gellman, Félix Guattari, Daniel Gurin, Pierre Guyotat, Pierre Hahn, Jean-Luc Henning, Christian Hennion, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, Françoise Laborie, Madeleine Lak, Jack Lang, Georges Lapassade, Raymond Lepoutre, Bernard Kouchner, Michel Leiris, Jean-François Lyotard, Dionys Mascolo, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Vincent Montail, Bernard Muldworf, Négrepont, Francis Ponge, Marc Pierret, Anne Querrien, Grisldis Ral, Franois Régnault, Claude Revault d’Allonnes, Olivier Revault d’Allonnes, Christiane Rochefort, Danielle Sallenave, Pierre Samuel, Gilles Sandier, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers, Gérard Soulier, Victoria Therame, Marie Thonon, Catherine Valabrgue, Gérard Valls, Hélène Védrines, Jean-Marie Vincent, Jean-Michel Wilheim.



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