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La médiathèque de la Cité des sciences et de l’industrie / Rapport de François Reiner

LES ÉTUDES

DU MUSÉE NATIONAL DES SCIENCES, DES TECHNIQUES ET DE L’INDUSTRIE

N°7

La médiathèque

Rapport de François REINER, conservateur, responsable de la médiathèque du Musée national des sciences, des techniques et de l’industrie de La Villette, décembre 1983

Le Musée des sciences, des techniques et des industries présente, dans la collection « Les études », des documents, rapports et ouvrages qui sont élaborés dans le cadre de sa mission de création d’un grand centre des sciences, des techniques et des industries au sein du Parc de La Villette
En publiant ces études, le Musée a pour objectif de contribuer, de manière aussi complète que possible, à une meilleure information sur ce grand projet.

PRÉFACE

J’ai souhaité la publication de ce rapport tel qu’il a été soumis au Comité d’orientation du Musée national des sciences, des techniques et des industries afin que la conception qui sert de guide à l’édification de la Médiathèque puisse être largement connue hors de La Villette comme en son sein.

La Médiathèque sera, à travers ses composantes (tous publics et recherche), un élément fondamental de l’instrument de diffusion de l’information scientifique, technique et industrielle que constituera finalement le Musée de La Villette.

C’est une grande originalité pour un Musée de ce type d’offrir à ses visiteurs un centre de ressources documentaires permettant d’approfondir immédiatement leurs connaissances de telle ou telle question rencontrée dans les expositions ou ailleurs. De leur donner également la possibilité de se mouvoir librement dans ce vaste rassemblement d’informations, quel qu’en soit le support matériel. De réaliser enfin cette mise en contact d’un vaste public avec les méthodes d’accès à cette information. À cet égard le rôle d’illustration vivante de l’importance de la fonction documentaire ne sera pas le moindre parmi ceux tenus par cet ensemble.

C’est une grande chance, paradoxalement, pour notre pays que cette édification relativement tardive, car nous disposons aujourd’hui d’emblée de techniques évoluées (catalogue informatisé, gestion intégrée, vidéodisque, etc.) permettant d’offrir aux futurs utilisateurs un service hors du commun, au point de pouvoir mettre en place l’accès à distance à une partie des ressources ainsi rassemblées grâce à l’insertion dans de grands programmes industriels nationaux (vidéotex, réseaux câblés).

Cette publication est aussi le point de départ d’une action d’information qui doit, dans mon esprit comme dans celui des responsables de ce projet, servir à l’ensemble de la communauté professionnelle des bibliothèques, de même que la Médiathèque une fois réalisée devra jouer un grand rôle dans la formation et l’information de ce secteur professionnel.

Maurice LÉVY

LA MÉDIATHÈQUE

INTRODUCTION : DÉFINITION ET OBJECTIFS

Définition

Le terme Médiathèque a été retenu pour souligner qu’à notre époque les documents ne sont plus limités aux seuls écrits sur papier et que le vaste domaine des audiovisuels ou même des produits informatiques doit être accessible au plus large public au même titre que les documents plus traditionnels.

Ce terme signifie donc qu’un ensemble documentaire comme celui que nous sommes chargés de créer doit nécessairement être conçu, dès l’origine ; comme une bibliothèque multimédia.

Objectifs

Ceux que nous avons retenus sont à deux faces :
-  il s’agit d’une part d’une grande Médiathèque publique d’information devant offrir une information générale dans les domaines scientifiques, techniques et industriels sous la forme de :

  • 150.000 volumes à l’ouverture (le double en régime de croisières par la suite)
  • 100.000 audiovisuels à l’ouverture (le double en régime de croisières par la suite)
  • 5.000 collections de périodique (le double en régime de croisières par la suite)
  • 1.000 didacticiels ou autres documents sur support informatique.

-  et d’autre part d’une Médiathèque-chercheurs devant fournir une information spécialisée non plus dans tous les domaines des sciences, techniques et industriels, mais simplement dans 3 champs qui sont :

  • l’Histoire des sciences et des techniques,
  • la vulgarisation et la didactique des sciences et des techniques
  • la muséologie des sciences et des techniques.

Voyons successivement ce que sont, dans ce cadre :
-  les publics
-  les documents
-  et leur mise en contact.

I. LES PUBLICS

A. Typologie projetée

1. Le public général

Utilisateurs « prémédités »

Le public non scolaire des bibliothèques publiques :
Que ce soit celui des bibliothèques de quartier à Paris ou des bibliothèques municipales de la banlieue proche, il s’agit d’un public assez caractéristique aux habitudes d’utilisation déjà formée dont on peut penser qu’il saisira assez vite l’occasion de se servir d’un ensemble de ressources supplémentaires.

Les collégiens et lycéens :

(les scolaires du primaire sont traités infra sous la rubrique C. enfants). Une partie non négligeable d’entre eux est déjà familiarisée avec l’utilisation ‘un C.D.I. scolaire ou/et d’une bibliothèque municipale et il est d’autant plus prévisible que ce public se portera sur nos ressources que l’articulation avec le milieu scolaire fait d’ores et déjà partie de nos objectifs et qu’une forte proportion des visiteurs sera constituée de groupes scolaires.

Les étudiants :

On peut supposer que les ressources documentaires qu’offrira la médiathèque tendront à attirer une partie des étudiants parisiens. Quelle que soit notre volonté à cet égard, et même si notre fonds n’est pas constitué dans cette optique, il paraît inévitable qu’un effet d’attraction s’exerce sur ce public, a fortiori du fait de la misère chronique des bibliothèques universitaires parisiennes, en particuliers face aux besoins du premier cycle. Le phénomène s’est produit à la B.P.I. qui n’est pas conçue pour cela et il serait bon que nous le prenions en compte dès la conception.

Utilisateurs « occasionnels »

Positifs :

Il s’agit de ceux qui, attirés par l’ensemble de la Villette, pénétreront dans la médiathèque sans intentions bien définies. Là encore, la B.PI. donne un exemple de ce type, une bonne partie de ses visiteurs entrent là un peu au hasard. Pour ce public qu’il est très important de sécuriser puis même de fidéliser, deux points sont extrêmement importants : la gratuité et la convivialité. Tout obstacle, financier (même symbolique) ou culturel (ce sentiment si répandu par nombre de bibliothèques que les sans-grades du savoir n’y ont pas leur place) lui fera immanquablement tourner les talons.

Négatifs :

Il y a aussi des visiteurs peu désirés. Là encore, ce sera sans doute une des grosses difficultés du projet dans son fonctionnement que de ne pas être confronté à des utilisateurs contredisant les fins assignées à l’ensemble des installations. Dans un tissu suburbain peu attractif, les "bandes" seront très vraisemblablement attirées par cette grande île de prospérité affichée. Nombre de bibliothèques municipales sont ou ont été mises en difficulté par ce phénomène. Il est particulièrement grave du fait que, outre les actes de violences, les vols et les déprédations éventuelles, il se passe dans ces cas une chose qui rappelle la loi économique de GRESHAM («  la mauvaise monnaie chasse la bonne ») : les visiteurs qui n’utilisent de la bibliothèque que les fauteuils, les moquettes et les distributeurs de boissons ont un comportement qui tend à faire fuir ceux qui voudraient utiliser les ressources documentaires.

Les exemples passés doivent être soigneusement étudiés et la prévention de ces dysfonctionnements doit être recherchée dans la conception matérielle ainsi que dans la politique d’animation, plus que dans la surveillance et la répression qui ne peuvent que dégrader l’image de marque de l’ensemble.

2. Les chercheurs

Il est bien clair que nos collections générales ne devraient pas intéresser les chercheurs de 1a plupart des disciplines scientifiques, encore qu’à mon sens, certaines de nos ressources (surtout bibliographiques) puissent leur servir.

Par contre le projet prévoit une bibliothèque-chercheurs dans trois domaines :
-  histoire des sciences et des techniques
- vulgarisation et didactique des sciences
-  et muséologie scientifique et technique
-  une délimitation sera à tracer ici aussi qui précisera jusqu’où cela peut s’étendre vers l’histoire générale et certaines sciences sociétales (comme la sociologie des sciences par exemple) pour le premier, vers l’ensemble des sciences de l’éducation pour le second.

(a) les besoins –collections : certaines, surtout les plus rares et les plus anciennes, seront réservées à ce public spécifique et au demeurant soumises à des limitations de communication (accès indirect, magasins fermés). Mais les besoins des chercheurs s’étendront immanquablement au-delà et il est très important que leur utilisation du fonds général ne soit pas limitée par l’implantation des locaux chercheurs à moins de songer à une couteuse et peu efficace duplication d’un grand nombre de collections de base.

(b) Information et recherche bibliographique aisées, ce qui suppose des instruments disponibles et un personnel compétent facilement contactable (cf. à ce propos III ème partie)

Facilité de travail :

- « carrels » et casiers personnels
-  Possibilités de reprographie
-  Possibilités de frappe
-  Possibilité de réservation de documents
-  Possibilité de prêt

3- Les enfants

Il s’agit ici des enfants de niveaux scolaires maternel et primaire, les "secondaires" ayant été envisagés plus haut.

Les bibliothèques publiques possèdent généralement une section enfantine distincte de la section des adultes avec des collections spécifiques (les « livres pour enfants ») et des activités caractéristiques (« l’heure du conte »). On peut s’interroger sur la validité d’une transposition de cette organisation sur cel1e de nos services de bibliothèque. En particulier, les collections de livres pour enfants sont très peu abondantes dans les secteurs qui nous intéressent. I1 existe certes des livres pour enfants traitant de questions scientifiques et techniques mais en petit nombre (du moins en français). Les ressources sont plus importantes si l’on y ajoute ce qui est publié dans la presse enfantine (articles, histoires, dessins surtout expliquant les « merveilles » de La science et de la technique), à condition de la dépouiller et d’avoir rassemblé des dossiers (activité de type « centre de documentation »).

Elles sont sans doute encore plus nombreuses dans le domaine audiovisuel qui, du reste, exerce un grand attrait sur les jeunes enfants et qui est seul utilisable pour les enfants ne sachant pas encore lire (qui ne sont certes pas à exclure pour cette seule raison). Ces ressources sont toutes à inventorier en gardant à l’esprit une exigence didactique encore bien supérieure à celle des collections générales : la vulgarisation scientifique n’est jamais simple mais lorsqu’elle s’adresse à un public d’enfants, elle tourne souvent à la gageure.

Cet inventaire fait, il n’est pas certain qu’il impose une véritable section enfantine, qui du reste est parfois contestée dans son aspect ségrégatif par les praticiens de la lecture publique. Je verrai plus volontiers un service enfants qui dans un local adapté, permettrait d’accueillir systématiquement les enfants en groupe ou isolés, de 1es mettre en contact avec certains documents et surtout de les initier au maniement du fonds général. Le rapport d’étude sur la Médiathèque-enfants joint en annexe conclut d’ailleurs dans ce sens (annexe 5).

Une des difficultés qui peut naitre concernant l’activité tournée vers les enfants, tient au manque d’équipements de la petite enfance. Là aussi, les bibliothèques de la petite-enfance sont souvent saturées au de ne pas être en mesure d’accomplir convenablement leur tâche de diffusion du savoir et d’être réduites au rôle de garderie, en particulier les mercredis et durant les vacances scolaires. Le meilleur moyen d’éviter cet inconvénient est bien sûr de prendre en charge ailleurs cette activité utile de garderie. Ce sera là, je présume, une des fonctions assumées au sein du Parc aussi bien qu’en celui du Musée général.

4. Les handicapés

Des normes existent en ce domaine et des ressources aussi et dans la mesure où le projet général entend largement prendre en compte la question, cela sera bien sûr le cas des services de bibliothèques.

Toutefois, la surface allouée à l’activité Médiathèque qui rend déjà difficile le simple logement des collections prévues interdit absolument de recours à l’élargissement systématique des entraxes ou à la non-utilisation des tablettes inférieures et supérieures ce qui aurait permis l’accès des handicapés moteurs en fauteuil roulant.
L’accès aux documents devra donc être assuré pour ce public par un personnel nombreux disponible en permanence.

B. Typologie constatée

Partant de cette typologie projetée, nous avons fait procéder des de public tant sur la Médiathèque publique (CICEM et ROMANCE ALLANT) que sur la Médiathèque chercheurs (TMO CONULTANTS).

Ces études sont reproduites en annexes (1-2-3), ainsi que la note synthèse du G.I.E GRAIN (Annexe 4) qui pilota pour nous cette triple étude.

Ce qui ressort de cette étude est la grande appétence d’une partie du public pour ce qui nous que allons lui offrir. Ce résultat est nuancé par le fait que ce qui attire ce public « privilégié » risque fort de repousser le public est moins informé dans des domaines scientifiques, technique et industriel.

Il y a là une contradiction qui doit être au cœur de nos réflexions quant à la politique d’acquisition et au parti d’aménagement de l’espace.

II - LES DOCUMENTS

A. Les supports

1. Les livres

L’objectif quantitatif est de 200.000 volumes pour la Médiathèque publique et d’un nombre équivalent au départ pour la Médiathèque chercheurs.

Pour la Médiathèque publique, ce nombre n’est pas destiné à augmenter, les fonctions de conservation n’étant pas de celles que nous devons assurer. Ainsi, les ouvrages nouveaux replaceront des anciens(ou des disparitions par usure ou autre) sans augmenter la capacité totale.

Par contre, dans le cas de la Médiathèque-chercheurs, il y aura une forte part de conservation ce qui nous a poussés à modifier le programme d’origine.

En effet, il était prévu une collection de 50.000 volumes correspondant essentiellement à une bibliothèque de documentation contemporaine sur les 3 domaines concernés. Mais il est vite apparu que nous serions confrontés à la nécessité de recueillir des fonds en perdition ou inexploitables actuellement et à constituer des collections plus importantes que prévues de livres non contemporains.

L’étude de public-chercheurs (T.M.O) a d’ailleurs montré que les chercheurs sont partagés entre la volonté de disposer d’un fonds central rassemblant les ressources du domaine et celle de disposer de moyens d’orientation vers d’autres fonds.

2. Les périodiques

L’objectif est de 5000 collections de périodiques. Le chiffre représente 5% des estimations courantes de titres de périodiques scientifiques et techniques vivants dans le monde ;

Dans nos domaines, l’information véhiculée par les périodiques est absolument indispensable et souvent plus attractive que celle que procurent les livres. La difficulté provient de ce qu’en tant que documents les périodiques, du fait de leur division en fascicules, sont plus difficiles à gérer et, surtout, beaucoup plus vulnérables que les livres.

3. Les audiovisuels

Par document audiovisuel, nous entendons : films 16 ou 35 mm, vidéo tous standards, collections organisées de diapositives (à l’exclusion des photos isolées), enregistrements sonores, etc.

La présence au même titre que l’imprimé de tous ces types de documents exprime que ce que nous bâtissons est une médiathèque et que l’information y sera disponible, quel que soit son support d’origine.

4. Les documents informatiques

Un certain nombre (nous l’évaluons à 1000 unités) de documents ne sera consultable que sous forme informatique (didacticiels, données sur serveur vidéotex, etc.). L’accès à ces didacticiels fait l’objet d’un projet commun avec 1e groupe de l’Association des éditeurs de logiciels réuni sous l’égide de l’Agence de l’informatique.

5. Les autres types de documents

On trouvera, dans un nombre limité de cas, des microformes (microfilms et microfiches) et des cartes et plans, avec les environnements spécifiques de leur conservation et de leur consultation.

B. Les contenus

1. La Médiathèque publique

(a.) Domaines

La mission est apparemment claire : offrir à tous les publics, hors les spécialistes d’un domaine, toute l’information disponible sur les sciences les techniques et l’industrie. Toutefois, la définition de ce qui ressortit à ce domaine et de ce qui n’y ressortit pas est nécessairement délicate dans la pratique.

C’est ainsi que nous sommes confrontés, pour la politique d’acquisition à la nécessité d’avoir à définir le statut de domaines tels que, par exemple : la psychologie (surtout non clinique), l’économie, la gestion. Ces choix sont aggravés par l’importance quantitative de ces secteurs.

Il parait, selon les statistiques du Syndicat national de l’édition, 1.000 titres par an dans 1es domaines scientifiques et techniques en y incluant La gestion et « les arts ménagers (classes 5 et 6 de la C.D.U). On serait donc, en acceptant sans limitation d’acquérir dans ces domaines, conduit à des collections où le noyau scientifique et technique "dur" serait minoritaire dans ce qui apparaîtrait à ses utilisateurs comme une bibliothèque encyclopédique, doublon inutile de la B.P.I.

A cet égard, notre option actuelle est de limiter les acquisitions des ouvrages de sciences sociales à ceux d’entre eux qui sont directement liés à nos domaines essentiels. Pour prendre un exemple concret (ce qui ne s’est pas encore posé pour des raisons techniques) il va de soi que des écrits sur le travail industriel comme par exemple L’Établi de R. LINHART ou Salaire aux pièces de M. HARACZYI doivent figurer dans nos collectons nais qu’il est moins est moins sûr que des ouvrages plus généraux sur ces sujets, voire des traités de sociologie y aient leur place. Le problème est identique pour l’audiovisuel : limitation aux documentaires ou acceptation d’une partie de 1a fiction (il serait dommage de ne pas offrir au public la possibilité de voir « Les Temps Modernes ») mais où s’arrêter ?

Nous pensons que c’est en particulier sur ce point que les résultats des tests par panels de publics seront déterminants.

Ces panels sont intégrés à des comités consultatifs spécialisés par sujet, aux réunions trimestrielles, composés de la façon suivante :

Comité Personnel médiathèqueMembre extérieursRemarques
Politique d’acquisition fonds général CRM [1] suppléé par
CRAM [2]
4 conservateurs responsables de domaines
1 panel représentatif de 6 membres issus des études de public On chercherait à échantillonner ces membres en fonction des demandes principales dégagées par les études
Politique d’acquisition fonds chercheurs CRM suppléé par
CRAM
Le conservateur responsable du domaine « chercheurs »
6 personnes représentatives des chercheurs concernés Même remarque
Organisation bibliothéconomique CRM suppléé par
CRAM
Les 3 conservateurs des secteurs livres, périodiques, AV)
5 professionnels On choisira des personnes réellement impliquées dans des activités comparables

Enfin, pour les enfants, la faiblesse de l’édition française en sciences et techniques nous incite à insister sur l’apport de l’audiovisuel et inciter à des créations et des traductions.

(b.) Historicité

La question se pose aussi de savoir jusqu’où remonter pour le public général. Dans une Médiathèque en fonctionnement, l’obsolescence est à peu près signalée par la non-utilisation des documents. Dans le cas de la constitution d’une collection, il faut faire le choix et nous considérons que notre optique est aussi contemporaine que l’état du marché éditorial le permet avec uniquement des éclairages ponctués par des documents illustrant une évolution historique.

(b.) Langues

Les études montrent que s’il existe un public pour les ouvrages en langue anglaise, il n’en existe pas pour les autres langues, à l’exception du domaine des chercheurs.
Pour la partie tout public, du fait de la disproportion entre la production éditoriale de langue anglaise et son équivalent en français, l’objectif à atteindre sera la parité entre les deux langues et on l’obtiendra par la multiplication du nombre de volumes par titre français.

2. La Médiathèque-chercheurs

Dans ce cas, les domaines sont clairement définis dès l’abord mais nous sommes confrontés à des demandes qui nous réorientent dans de cas de l’histoire des sciences et des techniques.

La conception initiale était d’une collection de documents contemporains sur l’Histoire des sciences et des techniques, comprenant un nombre limité de pièces anciennes choisies pour leur caractère exceptionnelle. C’est un peu un modèle de la « Niels Bohr Library » de l’Américan Intitute of Physics qui était décrit par ce programme.

La difficulté provient du fait que tout document scientifique ou technique tend à devenir historique dès lors que son actualité a disparu.

De ce point de vue, il n’y a pas de limité à l’accroissement d’un tel fonds. Nous avons donc prévu qu’à la différence du fonds général, le fonds chercheur devrait avoir la possibilité de connaître un large accroissement par accrétion de dons, versements de documents éliminés du fonds général pour obsolescence ou acquisition spécifiques.
Nous avons donc pris le parti de ne pas reconstituer des collections de documents anciens disponibles dans d’autres établissements. Notre rôle se bornera à réorienter les utilisateurs vers d’autres fonds si cela est nécessaire et à acquérir ce qui correspond à des lacunes de collections scientifiques du XX ème siècle qui semblent avoir été peu conservées par les bibliothèques scientifiques d’alors et par ailleurs être actuellement encore disponibles sur le marché de l’ancien des prix souvent inférieurs à ceux des ouvrages contemporains.

III. LA MISE EN CONTACT

A. L’accès libre

Il n’est pas convenable de ne pas mettre les collections en accès libre. Celui-ci présente certes des inconvénients mais une bibliothèque aux collections closes offre une telle image passéiste et rébarbative que, mis à part les documents à protéger spécifiquement, l’usage des magasins doit être à tout à fait proscrit.

1 Inconvénients

a. Place occupée par les rayonnages

On se heurte là à deux difficultés :
- La première est inhérente à toute classification. Conçue au préalable pour englober toutes les informations à venir, elles sont, d’une part confrontées à la nécessité d’évoluer, ce qu’elles font par nature lentement et difficilement ; elles sont d’autres part, très peu à même de traiter correctement les sujets charnières dont on sait l’importance dans e développement des sciences ; ils se retrouvent affublées de cotes compliquées qui trahissent l’incapacité du cadre conceptuel d’origine à les prendre en compte ;
- la seconde réside dans la difficulté du choix d’une classification. Celles qui « marchent » le moins mal sont des classifications spécialisées limitées à une discipline qui sont généralement liées à des publications périodiques et qui servent de surcroit à indexer des articles de périodiques (exemple : les "Mathematical reviews" ou le plan de classement du « Bulletin signalétique » du CNRS). Dans une bibliothèque semi-encyclopédique comme le sera la nôtre, dotée d’une forte proportion de livres, le recours à une classification générale est indispensable.

Il va de sans dire qu’aucune classification générale ne correspond aux « thèmes » du Musée. Toutes imposent le recours à la division du savoir par les disciplines traditionnelles.

En laissant de côté certaines classifications « exotique » (B.B.K Soviétique, Ranganathan, à facettes, etc.) on se retrouve face un choix entre 3 grandes classification : la C.D.U. (classification décimale universelle), la Dewey et la L.C (classification de la « Library of Congres »). Outre leurs particularités intellectuelles, les aspects à prendre en compte sont leur plus ou moins grande utilisation dans les bibliothèques avec lesquelles sont familiarisés nos lecteurs de nos documents déjà faite à l’aide de l’une ou l’autre d’entre elles dans nos sources d’information catalographique. Une étude détaillée en cours doit aboutir à un choix définitif fin mai.

On estime en moyenne que 10000 livres dans un magasin clos, où ils sont rangés par catégories de taille (pour l’espacement des tablettes) et par ordre d’arrivée occupent 60 m2. Les mêmes 10000 livres en accès libre où s’impose l’usage d’une classification systématique signifiante pour le lecteur (avec les vides qu’elle crée) occupent 100 m2

b. La nécessité d’une classification systématique

On vient de le voir, les ouvrages doivent être rangés selon une classification systématique préexistante, qui permet au lecteur de trouver la matière qu’il cherche.

On se heurte là à deux difficultés :
- La première est inhérente à toute classification. Conçue au préalable pour englober toutes les informations à venir, elles sont, d’une part confrontées à la nécessité d’évoluer, ce qu’elles font par nature lentement et difficilement ; elles sont d’autres part, très peu à même de traiter correctement les sujets charnières dont on sait l’importance dans e développement des sciences ; ils se retrouvent affublées de cotes compliquées qui trahissent l’incapacité du cadre conceptuel d’origine à les prendre en compte ;
- la seconde réside dans la difficulté du choix d’une classification. Celles qui « marchent » le moins mal sont des classifications spécialisées limitées à une discipline qui sont généralement liées à des publications périodiques et qui servent de surcroit à indexer des articles de périodiques (exemple : les "Mathematical reviews" ou le plan de classement du « Bulletin signalétique » du CNRS). Dans une bibliothèque semi-encyclopédique comme le sera la nôtre, dotée d’une forte proportion de livres, le recours à une classification générale est indispensable.

Il va de sans dire qu’aucune classification générale ne correspond aux « thèmes » du Musée. Toutes imposent le recours à la division du savoir par les disciplines traditionnelles.

En laissant de côté certaines classifications « exotique » (B.B.K Soviétique, Ranganathan, à facettes, etc.) on se retrouve face un choix entre 3 grandes classification : la C.D.U. (classification décimale universelle), la Dewey et la L.C (classification de la « Library of Congres »). Outre leurs particularités intellectuelles, les aspects à prendre en compte sont leur plus ou moins grande utilisation dans les bibliothèques avec lesquelles sont familiarisés nos lecteurs de nos documents déjà faite à l’aide de l’une ou l’autre d’entre elles dans nos sources d’information catalographique. Une étude détaillée en cours doit aboutir à un choix définitif fin mai.

c. Rangements

Ceux-ci sont rendus difficiles par le mouvement permanent des ouvrages. Le spectacle de la B.P.I. monte la difficulté de la chose, d’autant que la révision des rayonnages est une activité fastidieuse et difficilement automatisables.

d. Vols

Dans une certaine mesure l’accès-libre facilite le vol et les dispositions devront être étudiées à cet égard (exclusion des petits formats, surveillance, dispositif électromagnétique).

e. Périodiques

Ceux-ci doivent sans doute (surtout dans nos matières) figurer sur les rayons mais ils sont particulièrement sensibles au dérangement et à perte lorsqu’ils sont en fascicules séparés. Une solution est à chercher dans la reliure d’abord provisoire, puis définitive lorsque le volume est complet.

2. Avantages

Ils l’emportent largement sur les inconvénients.

L’un d’eux est que l’accès-libre réduit considérablement les besoins en personnel de manutention effectuant des allers et retours entre les magasins et le public.
Mais l’avantage fondamental est l’intérêt intellectuel qu’il y a à pouvoir accéder directement au document.

D’une part, le recours, il est possible de « se promener » devant les rayons (le terme anglais de « browsing », broutement est beaucoup plus explicite) sans idée très précise de ce que l’on cherche et d’avoir le plaisir de découverte inopinées et d’associations inattendues.

La bibliothèque devient ainsi elle-même une vaste encyclopédie (d’un ordre de grandeur supérieur puisque ses pages sont des livres) que l’on peut feuilleter librement au lieu d’attendre devant un guichet que l’on vous la débite par « page » séparée et expressément réclamée.

B. Le prêt

Les avantages sont nombreux :
- il limite le nombre de place de lecture nécessaires et réduit l’encombrement des salles ;
- il permet l’utilisation de la Bibliothèque par un public au temps compté ;
- il permet d’emporter des documents explicatifs sur les lieux des expositions du Musée ;
- il réduit la tentation de voler des documents ou d’arracher des pages ;
- il permet par l’inscription, de se faire une bonne idée du public ;
- il permet de mieux connaître l’utilisation des collections : des statistiques de circulation par titre sont possibles ; sur ce point il importe dès le départ de satisfaire une précaution déontologique : le système utilisé ne doit pas permettre de savoir qui lit quoi et l’identité de l’emprunteur doit disparaitre dès le retour du livre.

En face de ces avantages, les inconvénients sont que le prêt :
- désertifier les lieux ;
- nécessite un équipement supplémentaire des documents ;
- nécessite de multiplier le nombre d’exemplaires par titre, dont un certain nombre doit être exclu du prêt afin de toujours être disponible sur place ;
- nécessite l’acquisition et 1a mis en œuvre d’un système de contrôle de la circulation des ouvrages, (automatisé de préférence). Il en existe déjà « clés en main » reposant sur l’usage de badges (perforés ou magnétiques) identifiant le livre et le lecteur ou sur celui d’étiquettes codées (codes à barres ou « autres ») et de lecteurs optiques ou à laser.

C. Les catalogues

On a vu plus haut que leur médiation n’est pas strictement indispensable au lecteur qui peut se contenter d’une première approche par l’accès-libre. Néanmoins, leur existence est absolument nécessaire pour un usage plus approfondi des collections et parfaitement indispensable pour la bonne marche des services de bibliothèque. Leur constitution et leur maintenance est une activité exigeante en travail qualifié et en puissance des systèmes informatiques.

Il y aura un grand nombre :
-  catalogue alphabétique auteur-anonymes
-  catalogue alphabétiques matières
-  catalogue systématique
-  catalogue collections
-  catalogue titres
-  catalogue commandes
-  catalogue ouvrage en cours de traitement
-  catalogue périodiques.

Il faut noter que l’existence de ce grand nombre de catalogues n’implique pas nécessairement leur existence physique. J’exclus la constitution de catalogues sur fiches et la base du travail de travail doit être informatique. Ces différents catalogues être simplement des clés d’accès aux notices de documents en mémoire et physiquement, la consultation peut se faire en temps réel par consoles (solution souhaitable) ou par l’édition (sur papier ou fiches COM) à intervalles réguliers des divers catalogues tenus à jour.

D. Les services d’information

Les des documents ou d’arracher des pages

1. Disposition physique

Ces services doivent pouvoir assurer l’accueil et l’orientation de tous les publics. Il est donc vital que sans opposer d’obstacle à la pénétration du public informé qui n’a pas besoin d’eux, ils soient sur le cheminement naturel du reste du public et que la disposition des locaux

2. Moyens bibliographiques

a. Collections

Les collections d’ouvrages de références, de bibliographies, de périodiques secondaires doivent être accessibles là et leur utilisation doit pouvoir être expliquée par le personnel.

b. Personnel

Le personnel assurant ces services doit être parfaitement formé et constamment recyclé (à ce propos des salles de réunions propres au personnel des services de bibliothèques sont indispensables), hautement motivé et capable d’établir le contact avec les publics en exerçant une maïeutique destinée à mettre en évidence les besoins d’information.

c. Interrogation des bases de données bibliographiques

En dehors des éventuelles consoles catalographiques, c’est aussi dans ces services que doivent être situés les terminaux d’interrogations de bases de données bibliographiques aussi bien pour les recherches rétrospectives approfondies (éventuellement payantes) que pour le « référence use » qui devra être pris en charge par le budget de fonctionnement.

E. Guidage

1. Signalisation

Elle est fondamentale et doit être réalisée à la perfection en rendant parfaitement transparents pour le public la structure des collections et les services offerts.

2. L’information papier

a. dans la bibliothèque

Des petits guides sur tous les aspects du fonctionnement des services de bibliothèque et sur les méthodes de recherche d’information doivent être réalisés et offerts partout dans les locaux.

b. dans le Musée général

Il est parfaitement concevable que dans les lieux d’expositions, de courtes bibliographies par sujet (type « pour en savoir plus ») donnant les cotes de la bibliothèque incitent à se reporter à ses collections.

3. L’information audiovisuelle

Un programme général de présentation des services de bibliothèque doit être réalisé et être aisément consultable par les nouveaux arrivants.

Des programmes spécifiques peuvent être détaillés et mis à la disposition du public pour expliquer le sens de certaines collections ou le fonctionnement de certains outils bibliographiques.

Il est possible de concevoir des tours autoguidés des services de bibliothèque par prêt ou location de magnétophones, d’écouteurs et de cassettes préenregistrées de présentation.

F. La consultation des documents audiovisuels

Pour offrir au public une commodité d’accès aux audiovisuels comparables à celle qu’offre l’accès-libre pour les imprimés, il est indispensable de ne pas créer entre l’utilisateur et le document le fossé d’un intermédiaire chargé d’alimenter une machine (mise en place d’une cassette vidéo, d’un panier de diapositives, etc.) et de veiller à la restitution du document.

Comme par ailleurs notre objectif est de minimiser les coûts de fonctionnement de l’installation définitive, la réponse à ces deux exigences est à rechercher dans la mise en place d’un dispositif double :
- d’une part le transfert de l’ensemble des documents audiovisuels sur un support unique, susceptible de diffuser un signal vidéo. Notre choix est le vidéodisque. Le transfert en vidéo de document d’autres sortes entraine une perte de définition mais toutes les études montrent que cette perte relative est largement compensée par une plus grande facilité d’accès.
- d’autre part l’automatisation de la consultation par la réalisation d’un dispositif automatisé permettant la sélection, la mise en lecture et la diffusion des documents choisies par les utilisateurs.

Conclusion : Où en sommes-nous et ce que nous allons faire

A. États au 1er mars 1983

A cette date, soit 2 ans après l’arrivée du premier bibliothécaire au sein de la Mission du Musée, nous disposons :
- d’un local provisoire de 1800 m2 (dans la Halle aux moutons) ;
- d’un système intégré de gestion de bibliothèque (MEDICIS, développé en commun avec la D.B.M.I.S.T du Ministère de l’éducation nationale) (Annexe 7) ;
- d’un personnel comprenant, outre le responsable de la Médiathèque et le responsable –adjointe, une responsable administrative et financière (assistée de 4 personnes), une équipe de 7 conservateurs encadrant 22 documentalistes et 4 gestionnaires de documents et enfin un chef de projet information, assisté de 2 opérateurs.

Toute cette organisation est opérationnelle et les commandes de livres sont lancées au rythme de 300 par jour environ.

En ce qui concerne l’audiovisuel, les visionnements ont été commencés dès le 15 février et sont poursuivis au fur et à mesure de la montée en puissance de l’équipe, de pair avec le repérage des sources potentielles (travail effectué en étroite collaboration avec l’équipe du Fichier national des films en vidéogrammes disponibles en France).
Parallèlement, le travail se poursuit en commun avec les services constructeurs pour prévoir le fonctionnement de la Médiathèque définitive et suivre son élaboration puis sa réalisation.

En ce qui concerne la Médiathèque-enfant, des tests sont mis en place dans plusieurs bibliothèques de lecture publique, à l’aide de la sélection de documents effectués pour nous par « La joie par les livres » (voir annexe 6) et d’un petit logiciel réalisé par la C.P.L du département M.A.I. destiné à apprendre aux enfants à se servir des fichiers de bibliothèque.

B. Les perspectives

1. Politique d’acquisition

Dès qu’un nombre de documents aura été sélectionné, nous organiserons l’examen de « mini collections » par des panels représentatifs de nos futurs utilisateurs, afin de préciser les limites de la politique d’acquisition. Ces tests porteront sur tous les types de documents.

2. Dispositifs audiovisuels

Les études sont en cours pour définir et faire réaliser les matériels permettant la diffusion audiovisuels de la Médiathèque telle que nous l’envisageons.

3. Accès du public au catalogue

Le système informatique actuel ne peut être considéré comme fournissant, tel qu’il est, u accès suffisamment convivial au catalogue pour le public. Une recherche est donc poursuivie pour définir, sélectionner et mettre en place un dispositif adéquat dès l’ouverture.

Outre ces 3 points, le travail déjà entamé se poursuivra et nous pouvons raisonnablement confirmer la durée estimée à 3 ans pour aboutir à une Médiathèque opérationnelle.

notes bas page

[1CRM : Conservateur, responsable de la médiathèque

[2CRMA : Conservateur, responsable adjoint de la médiathèque

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