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De la Cité des sciences et de l’industrie à l’Université Fédérale du Paraná, à Curitiba

Transcription par Taos AÏT SI SLIMANE, après accord de l’intervenant, d’une rencontre avec Ronei CLÉCIO MOCELLIN, Professeur au département de philosophie, jeudi 19 décembre 2019 dans la salle de lecture de la Médiathèque d’histoire des sciences de la Villette

Texte validé par l’auteur, que je remercie pour son autorisation de le partager sur Fabrique de sens.

Vous pouvez suivre « La folle traversée des livres d’histoire des sciences », un récit à deux voix, avec Ronei CLÉCIO MOCELLIN et Alexandre KOS, mis en ligne par la bibliothèque de la Cité des sciences et de l’industrie

De la Cité des sciences et de l’industrie à l’Université Fédérale du Paraná, à Curitiba

Présentation par Alexandre KOS : Monsieur Ronei MOCELLIN a beaucoup lu dans cette bibliothèque et dans beaucoup d’autres bibliothèques à travers le monde et en France. Cela a abouti à une thèse, qui a été remarquée, sur l’histoire de la chimie. Il est retourné chez lui pour devenir enseignant, professeur d’université à Curitiba. Il a eu le courage de s’occuper des livres que la Bibliothèque d’histoire des sciences à la Cité des sciences et de l’industrie était prête à donner. Nous, nous avons dé doublonné nos collections, nous avions les livres en deux exemplaires et nous n’en avons gardé qu’un seul. Lui, il a convaincu son Université et l’équipe de bibliothécaires brésiliens de cataloguer 5000 livres en langue étrangère, d’aménager la salle de lecture et de financer un gros container, pour la traversée de l’Atlantique.

Là, il est de nouveau en France, en tant que professeur invité à l’Université de Nantes. Il a eu la gentillesse de nous raconter en quoi nos livres peuvent être utiles au Brésil.

Concernant le contexte de notre bibliothèque, c’était le dernier don important de la période durant laquelle la bibliothèque s’occupait de donner des livres à d’autres établissements.

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Merci beaucoup pour votre présence. Enchanté de vous connaître, toutes et tous. Les bibliothécaires que je connais bien sûr sont toujours très aimables, très gentil.le.s avec moi, Alexandre et tou.te.s les autres.

Je suis désolé pour mon mauvais français, j’ai déjà beaucoup perdu, mais comme je suis là à nouveau, cela reviendra bien vite.

En ce moment, je suis, pour un semestre, à l’Université de Nantes, comme chercheur invité. Ils font une recherche justement sur l’histoire et la philosophie de la chimie.

J’ai terminé ma thèse ici, j’ai beaucoup travaillé dans cette bibliothèque, qui est, à mon avis, la bibliothèque la plus importante de Paris pour l’histoire des sciences. Pour mes collègues brésiliens, et tous les chercheurs que je connais dans d’autres pays, cette bibliothèque est un passage obligé pour faire des recherches pointues, aussi bien pour des ouvrages publiés récemment, que pour les archives. J’ai beaucoup travaillé dans cette bibliothèque, mais aussi à Dijon et à la Bibliothèque nationale. J’aime vraiment beaucoup les bibliothèques et surtout les bibliothécaires, qui sont des soutiens essentiels pour trouver les choses.

Après ma thèse, je suis rentré au Brésil où je suis devenu professeur, cela ne s’est pas fait tout de suite. On fait une thèse mais il y a toujours des problèmes, la bourse se termine mais l’emploi n’arrive pas, … Après quelques temps de galère, j’ai réussi à avoir une place, en 2014, au département de philosophie de l’Université Fédérale du Paraná, à Curitiba.

Là, à la demande d’Alexandre, on va un peu raconter l’épopée du transfert de cette bibliothèque française vers le Brésil. Tout d’abord, pour localiser la ville où j’habite dans ce pays énorme qu’est le Brésil, c’est au Sud du pays, dans l’État de Paraná, sa capitale est Curitiba. Le Brésil est un pays pluriel mais c’est quand même un peu la même chose, tout le monde parle le portugais, et il y a des rapports entre toutes les régions brésiliennes.

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Notre bibliothèque et notre université, dans le sud du pays, ont une place assez importante pour faire des recherches pour les masters, les doctorats, etc., dans tous les domaines. Voilà, brièvement quelques éléments pour la localisation géographique.

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Très brièvement, l’Université de Paraná est la plus ancienne université fédérale du Brésil. Au Brésil, il y a trois genres d’université : des universités fédérales, rattachées au gouvernement central, les universités des État et de provinces, et les universités privées. L’Université de Paraná est la plus ancienne. Pour vous les Français l’année 1902, c’était hier, mais pour nous une centaine d’années c’est déjà beaucoup.

Notre université compte aujourd’hui environ 45 mille étudiants et 2500 enseignants, c’est l’université la plus importante du sud du Brésil. Il y a beaucoup d’étudiants et des chercheurs. Vous voyez là le siège de l’Université, au centre-ville. Il y a de nombreux campus dans la ville, mais également dans tout l’État de Paraná.

Mais, pour ce qui concerne notre rencontre d’aujourd’hui, le plus important est de raconter le transfert. Tout d’abord, je dois dire que cela s’est fait grâce à la générosité de Monsieur Alexandre KOS, et de Madame Claudie HAIGNERÉ la présidente de la Cité de l’époque. Cette bonne volonté de mettre à notre disposition environ 5000 ouvrages, me semble importante à signaler.

Quand Alexandre m’a proposé cela, j’ai été évidemment émerveillé, c’était génial d’avoir cette bibliothèque. Les problèmes administratifs sont vites arrivés. Il n’y avait pas à proprement parler des problèmes mais toute une série de démarches administratives. Tout d’abord, il fallait convaincre notre administration, ce qui a été en fait très facile. La personne qui était en responsabilité à cette époque aimait également cette idée et était très ouverte à ce transfert, mais il fallait bien évidemment régler le problème financier, le problème d’argent, comme toujours. Il y avait certes un budget mais il fallait trouver la ligne de prélèvement. Ce n’était pas très cher si on rapporte le coût au nombre ouvrages, leurs prix et le transport, mais il nous fallait trouver un moyen, un budget spécifique pour faire cette opération. In fine, ce n’était pas très difficile. Nous y sommes arrivés.

La deuxième étape consistait à convaincre les bibliothécaires. Il ne s’agissait bien sûr pas de les convaincre de l’intérêt de l’opération, mais, comme vous le savez, dans toutes bibliothèques il y a des problèmes de place, d’espace. Il n’y avait ni désaccord, ni résistance, ni mauvaise volonté, il n’y a pas de place et suffisamment de personnes pour faire le travail. Certes, c’est une bonne nouvelle que d’annoncer qu’on importait 5000 ouvrages, mais où le mettre ? Et qui va les cataloguer ? C’est un travail énorme, d’autant qu’il s’ajoute au travail quotidien dans la bibliothèque. Mais, comme toujours, les bibliothécaires se sont montré.es très, très aimables et disponibles, parce qu’en général, je dis cela avec beaucoup d’émotions, les bibliothèques aiment beaucoup les livres. Et c’est génial. Donc, dès le début, il y a eu de leur part une bonne volonté.

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Je vous montre là une photo. On a trouvé de la place, après beaucoup de négociations, etc., on changé de place certains ouvrages qui étaient déjà dans la bibliothèque. On a aussi convaincu l’administration de l’université quant à l’intérêt de cette collection et à qui elle serait utile.

Je me rappelle qu’une des questions que posaient les bibliothécaires concernait la qualité des ouvrages. S’agissant d’un don, ils souhaitaient s’assurer que les ouvrages soient en bonne état et surtout qu’ils soient utiles pour nos publics. Ils pouvaient se dire : la bibliothèque française n’a pas de place, ils envoient chez nous des ouvrages dont ils ne servent plus.

J’ai pris, ici, beaucoup de photos pour les convaincre et ensuite on a commencé les démarches administratives. Comme vous pouvez le voir, cela a commencé en 2014, un travail de longue haleine, voici la première lettre que nous avons envoyée à Madame la présidente de l’époque. Puis, on a reçu la décision de l’administration de la bibliothèque, ce qui nous a permis de demander officiellement l’argent pour financer le transport. Vous voyez là le prix que nous avons payé, c’est environ 10 000 dollars, ce qui revient à beaucoup, convertis en notre monnaie nationale, c’est à l’époque environ 25 000 réaux, ce qui représente une belle somme dans le budget de l’université, surtout dans une période de crise, comme c’était le cas pour notre pays, qui vivait une crise économique depuis 2014, avec la chute de notre présidente. Il y a eu un coup d’État, mais là n’est pas notre propos. À partir de là, les universités publiques ont commencé à avoir beaucoup de problèmes budgétaires, mais grâce aux efforts de l’administration de notre université, on a réussi à trouver cet argent. À partir de là, on a commencé le travail, …

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Là, je vous montre une photo, d’une journée spéciale, quand les palettes sont arrivées dans le dépôt de notre université. C’est là que l’équipe de la bibliothèque découvre les ouvrages. C’est un jour magique, je le dis avec beaucoup d’émotion, parce que on a ouvert les cartons et on a vu les merveilles, pas seulement la qualité des ouvrages, mais aussi et surtout le travail des bibliothécaires d’ici, qui ont organisé tout cela. Il y avait donc une reconnaissance envers les personnes qui connaissent bien le métier, et qui reconnaissent le travail bien fait. Pour la dame que vous voyez là, la responsable générale, c’était une journée particulièrement émouvante, qui a soudé l’équipe. Tout le monde était prêt à se mettre au travail, faire vite et bien et tout mettre en rayon le plus rapidement possible. C’était vraiment très émouvant. Et comme ça, depuis quelques mois, après cet énorme travail de catalogage, tous les ouvrages ont été catalogués dans notre système, en gardant l’information sur l’origine des ouvrages. Ils ont tous la mention : « cet ouvrage provient du don de la Médiathèque d’histoire des sciences de la Villette », parce que cela fait une mémoire du livre, des ouvrages qui sont arrivé de là-bas. Les étudiants et les chercheurs ont ainsi un repère historique sur la trajectoire de l’ouvrage. Et ça, c’est génial, parce que cela devient un registre historique, qui donne aussi une importance au fait d’avoir un rapport entre bibliothèques. C’est cela que je trouve aussi très important. J’espère toujours que ces rapports continuent parce que des bibliothèques ne sont pas des îlots. Je pense qu’il faut aussi chercher à mettre en relation, en rapport, les bibliothécaires et les bibliothèques, parce qu’il y a des expériences et des informations à échanger. Je pense que cela est très important.

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Depuis quelques mois, on arrive à cela. Cela est très émouvant : Voir les ouvrages ici dans le dépôt, puis toute la trajectoire qu’ils vont « vivre » ; l’arrivée au port de Paranaguá, l’arrivée dans le dépôt de notre bibliothèque, voir les bibliothécaires travailler dessus, puis de les voir là, sur les rayons, c’est vraiment génial.

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C’est génial de voir les étudiants qui commencent à travailler dessus. Et quels étudiants ? Cette bibliothèque est une référence, surtout en histoire, philosophie et sociologie des sciences et des techniques. Nous avons justement un master et un doctorat en histoire et philosophie des sciences, en chimie, biologie, médecine et toutes les sciences de la vie en général. Cette bibliothèque est plurielle, il y a des gens qui recherchent l’histoire du temps, par exemple, des barques, des bateaux, des systèmes de communication, de la médecine et de la biologie, de la chimie, mais également de la philosophie en général. Il y a l’œuvre complète de Descartes.

Donc, ce n’est pas simplement une niche pour l’histoire et la philosophie des sciences. Il y a aussi des ouvrages de philosophes qui s’intéressaient à d’autres sujets. Ce qui est très important pour nous parce qu’ainsi nous avons aussi un peu de l’histoire française : l’histoire des trains, de l’aviation, de l’industrie automobile, etc., et c’est très important. Vous savez que Renault fabrique des voitures chez nous, là on peut aussi faire une histoire de Renault. Pour écrire un article sur Renault, les journalistes pourront consulter les ressources disponibles ici sur Renault, Peugeot, etc. Donc, cela donne aussi des repères pour les journalistes, pour écrire des articles plus pointus et pas simplement généraliste, en se contentant de chercher Wikipédia. Donc cela raconte l’histoire mais cela donne également des informations à un public très large. Vous voyez, c’est vraiment quelque chose de très pointu, à destination des chercheurs mais qui peut être utile aussi pour un public très large. Par exemple, chez nous, il n’y a pas beaucoup de trains, c’est dommage, mais il faut comprendre pourquoi. L’histoire n’est pas un hasard, comprendre cela, comprendre cela, c’est aussi faire l’histoire de notre réseau ferroviaire par rapport à la France. Pourquoi la France à fait ce choix, par exemple. C’est aussi le cas du nucléaire. La majorité de la production électrique française provient du nucléaire, chez nous, ce n’est pas le cas, c’est l’hydroélectrique qui domine. Ce sont là deux matrices énergiques différentes. Il est important de comprendre et de faire des rapports sur la meilleure et la pire des options. Cela ne faut pas se contenter de dire : « Le nucléaire, c’est horrible », il faut dire pourquoi et en quoi, et pourquoi la France à fait ces choix-là. Nous, on a pu faire le choix hydroélectrique, parce qu’on a des fleuves, mais ce n’est pas sans conséquences écologiques, ce n’est pas une énergie propre, c’est peut-être même le contraire. Produire de l’énergie, ce n’est jamais une affaire propre, jamais ! Faire l’histoire de ça, le comprendre de manière approfondie, je pense que cette bibliothèque donne aussi cette possibilité. J’ai bien sûr beaucoup d’espoirs que les étudiants s’intéressent à ces sujets, là c’est le prof qui parle, on a toujours l’espoir que les jeunes lisent beaucoup, mais, …

Pour revenir aux ouvrages, tous ceux-là sont déjà en rayon. Et ça, c’est justement la lettre que notre que notre recteur vous a envoyée. Il y a quelques jours. C’est notre recteur, notre doyen, qui vous envoie ses salutations avec vraiment beaucoup d’émotion et avec beaucoup d’intérêt.

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Voilà donc, brièvement cette histoire de don. Ces ouvrages sont déjà au rayon, les étudiants commencent à travailler. Je peux vous dire avec beaucoup de certitude, que nous avons aujourd’hui, avec cette bibliothèque, et les ouvrages qu’on avait déjà, notre bibliothèque est assez bien fournie, bien que n’ayant qu’un budget milité, mais on cherche, moi-même y compris, à coordonner l’achat des ouvrages surtout une langue étrangère, parce qu’il y a toujours ce problème de quota. Il y a un quota pour les ouvrages en portugais, un quota pour acheter des ouvrages en anglais, mais en français, … Je dis en anglais parce qu’en général les étudiants lisent l’anglais, ce qui n’est pas le cas du français. Mais là, avec ce don et ces ouvrages, cela donnera peut-être l’envie aux étudiants d’étudier, d’apprendre le français. Il y a bien sûr dans cette bibliothèque beaucoup d’ouvrages en anglais, en allemand, en italien, mais avec ces ressources cela donne envie d’apprendre le français. Moi-même, j’ai des élèves qui étudient Gilbert SIMONDON, un philosophe qu’on aime beaucoup, j’ai déjà dirigé quelques travaux sur Gilbert SIMONDON. Pourquoi il est important ? Parce qu’il est très, très difficile de le traduire. Il y a des traductions en espagnol, par exemple, qui ne sont pas très bonnes. Donc, pour comprendre un philosophe comme Gilbert SIMONDON, il faut savoir au moins un peu de français. Donc, cela donne aussi la possibilité pour les étudiants d’avoir les ouvrages dans la langue originelle. La traduction c’est bien, mais c’est quand même « traduttore, traditore », là est le problème. C’est bien d’avoir une traduction mais si l’on peut faire une lecture avec une traduction et avec le texte dans la langue originale, cela donne beaucoup d’informations, surtout dans le cas d’un philosophe comme Gilbert SIMONDON. De Gaston BACHELARD, qui est beaucoup aimé au Brésil, on a presque tous ses ouvrages, cela donne la possibilité de la lire la traduction et l’original en français.

Vous voyez, ce n’est pas simplement une bibliothèque, ce n’est pas simplement un transfert physique des ouvrages, c’est un transfert culturel, un partage culturel. Cela me procure beaucoup d’émotion, parce que ce n’est pas simplement une affaire mécanique, à mon avis c’est un partage. C’est pour cela que je vous remercie du fond du cœur, parce que c’est un partage culturel, un partage d’amitié. J’espère vraiment que ce rapport-là se poursuivra, qu’il aura un futur. Il faut maintenir et continuer ce rapport d’amitié culturelle, parce que, comme vous le savez, les Brésiliens ont en général la France au cœur. Il y a un rapport d’amitié historique entre le Brésil et la France, pas vraiment aujourd’hui, notre président dit beaucoup de bêtises, mais c’est passager, ce n’est pas vraiment dans notre culture. Passons. À Curitiba, il y a l’Alliance française, il y a déjà des rapports avec la France.

Bon, j’ai beaucoup parlé, excusez-moi. Je suis prêt à répondre à vos questions.

Une auditrice : Vous avez été un peu rapide sur la façon dont vous êtes arrivé à la Médiathèque d’histoire des sciences

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Je suis chimiste de formation, mais j’aime beaucoup les philosophes. J’ai fait mon master de philosophie de la chimie à Santa Catarina, un État du sud du Brésil, dont la capitale est Florianópolis. Il est situé entre l’État du Rio Grande do Sul au sud et l’État du Paraná au nord. Puis, j’ai demandé une bourse au gouvernement brésilien pour travailler avec Madame Bernadette BENSAUDE-VINCENT, que vous connaissez peut-être puisqu’elle a travaillé ici. Je crois que pour elle, cette bibliothèque compte beaucoup. Je suis venu en France en 2005, pour faire une thèse en histoire et philosophie de la chimie. Au début, j’ai voulu travaillé Lavoisier et Condillac et la chimie au XVIIIe siècle. Dans ces rayons là-bas, derrière moi, ici dans la médiathèque d’histoire des sciences, il y a énormément d’ouvrages justement sur Lavoisier, et pour moi, c’était terrible de voir le nombre d’ouvrages qui lui été consacré. Je me suis dit : c’est fou, que vais-je dire de nouveau par rapport à tout ça ! Donc, j’ai fait une thèse certes aussi sur Lavoisier mais surtout sur Louis-Bernard Guyton de Morveau. C’était le premier président de la République française, après lui c’est Robespierre, soit le premier président du Comité de Salut public. Le Dijonnais, Louis-Bernard Guyton de Morveau était un chimiste. C’est pour ça que j’ai beaucoup travaillé aux archives et dans les bibliothèques de Dijon, là encore avec beaucoup de générosité des Dijonnais. J’ai donc fait ma thèse sur Guyton de Morveau chimiste, entrepreneur, enseignant, professeur, et révolutionnaire. C’est pour cela que j’ai beaucoup de relations avec Monsieur Patrice BRET, un grand et spécialiste de cette période de la Révolution française et du rôle des scientifiques pendant la Révolution française. C’était en fait une révolution qui a beaucoup compté avec les scientifiques, surtout les chimistes (Berthollet, Guyton de Morveau, etc.) - Lavoisier y a perdu sa tête mais ce n’est pas parce qu’il était chimiste – mais aussi pendant les périodes de Napoléon.

Je suis complètement passionné par la trajectoire de Louis-Bernard Guyton de Morveau, je travaille encore dessus aujourd’hui. Sa fin de vie a été terrible. Il n’a pas été inhumé. Il a été jeté dans une fosse commune. Il est mort le 4 janvier 1816, juste après la Restauration. Comme il était régicide, il avait voté la mort du roi, il n’a pas eu les honneurs qu’il méritait. C’est cela aussi qui m’a donné envie de faire une thèse sur lui, bien qu’en France il ne soit pas très connu, c’était toujours le collaborateur de Lavoisier, ce qui m’agaçait beaucoup, parce que c’est lui qui a créé la nouvelle nomenclature chimique. Il a quand même découvert pas mal de substances. C’était un grand chimiste et un grand entrepreneur. Actuellement je suis à Nantes où il a beaucoup travaillé pour produire de la soude, et pour ne pas payer la gabelle. À Dijon, on payait beaucoup la gabelle.

Donc, je suis arrivé ici à Paris, dans cette bibliothèque, pour faire un travail sur la chimie, et plus particulièrement sur Louis-Bernard Guyton de Morveau, et j’en parle toujours avec beaucoup d’émotions parce que j’aime beaucoup ce Monsieur. Comme vous le voyez, je suis un peu passionné de ce genre de choses. Je suis arrivé ici pour faire ce travail, ma thèse est là, sur un des rayons. Ce qui était terrible, je peux aussi l’avouer, c’est très difficile d’écrire une thèse dans une langue étrangère. C’est déjà difficile d’écrire dans sa langue maternelle. Pour y arriver, je comptais beaucoup, je tiens à le dire, sur l’aide de ma directrice de thèse, Bernadette BENSAUDE-VINCENT, qui a beaucoup d’amitié pour le Brésil, qui m’a beaucoup aidé. L’historienne Christine LECORNU LEHMAN, qui a fait une thèse sur Gabriel-François Venel (1723-1775) et sa place dans la chimie française du XVIIIe siècle, m’a aussi beaucoup aidé. Sa thèse est également ici. Elle avait fait sa thèse après avoir pris sa retraite, elle m’a beaucoup aidé pour le français. Et à la fin de ma thèse, comme je n’étais plus boursier, elle et son mari m’ont hébergé. Ils m’ont proposé un appartement gratuitement, avec beaucoup de générosité. Je profite donc de cet échange pour rendre hommage à Christine LECORNU LEHMAN, qui est toujours active.

Donc, j’ai écrit ma thèse dans un mauvais français, je le sais bien, mais avec l’aide de plusieurs personnes et même vous (il s’est adressé à Claire JULLION), qui m’avez donné des structures de phrases. Je me rappelle très bien, par exemple, du fait que je voulais dire : Louis-Bernard Guyton de Morveau était dans une bataille de Fleurus et qu’il ne voulait pas rentrer à Paris, parce que c’était le moment terrible de la Révolution, avec Robespierre, etc. Et je voulais trouver comment dire cela en français, et je me suis adressé à vous et vous m’avez dit : « Renter à reculant », quelque chose comme ça. J’ai trouvé cela génial et j’ai employé cette expression, qui exprimait bien cette image de rentrer mais sans vouloir arriver, on attend quand même. Je me rappelle très bien, et je vous en remercie.

Une auditrice : Qu’enseignez-vous actuellement ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Je suis professeur de philosophie des sciences. Et dans notre département de philosophie, il y a cinq chaires pour introduire la philosophie des sciences. Je parle de Carnap, Popper, Comte, Bachelard, les philosophes les plus connus, et après des cours plus spécifiques. Je donne des cours sur la chimie, la philosophie expérimentale, etc. Là, je suis justement en train de finir les travaux sur les transfusions de sang et la longévité. Je viens justement de travailler sur le contexte français de la transfusion sanguine et la longévité de la fin de XVIIème siècle jusqu’aujourd’hui, pour montrer qu’il n’y a pas une linéarité, le problème est très compliqué. Et là, avec une partenaire brésilienne, on a écrit deux ou trois articles sur le contexte français, anglais et russe de la longévité, des transfusions sanguines et du sang en général.

Moi, je suis un passionné d’histoire et de la philosophie. Et bien que je lise très mal le russe, j’ai m’intéresse beaucoup aux philosophes russes, surtout pré-soviétiques. C’est génial parce qu’ainsi on peut comprendre – encore une fois désolé, je parle trop – pourquoi, par exemple, Lénine reste dans le mausolée. Ce n’est pas simplement politique, c’est aussi une affaire culturelle de la société russe. Je trouve important de comprendre cela, avec, par exemple, un médecin et philosophe comme Alexandre Alexandrovitch BOGDANOV. Il était un ennemi de Lénine pendant la révolution même s’il était bolchévique. Il a aussi vécu en France. Il a écrit en français, mais surtout en russe. Aujourd’hui presque tous ses ouvrages sont traduits en anglais. C’est un de mes sujets de recherche, mais mes centres d’intérêts sont très variés. Je ne suis pas historien et philosophe d’un seul sujet. Peut-être que je fais mal tous les sujets mais au moins j’essaye de bien les travailler, parce que les étudiants sont demandeurs. Par exemple, Gilbert SIMONDON, ce n’est pas ma tasse de thé, mais il faut se mettre au boulot pour accompagner les étudiants, et ça, c’est génial, cela ouvre notre esprit. BOGDANOV par exemple, je l’ai connu grâce à un étudiant, qui voulait faire un travail sur un ouvrage de Lénine, Matérialisme et empiriocriticisme, s’il y a des communistes ici, ils le connaissent peut-être. Il n’y a peut-être pas beaucoup de communistes mais comme c’est un ouvrage très important de la philosophie soviétique, BOGDANOV est arrivé, et c’est devenu un sujet de recherche pointu sur ce monsieur.

Une auditrice : Il y a beaucoup d’étudiants qui étudient la philosophie et l’histoire des sciences à Curitiba ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Au Brésil, il y a beaucoup d’intérêt, et c’est intéressant, parce qu’il y a un rapport entre la philosophie et l’histoire des sciences avec l’enseignement, surtout en chimie, physique et en mathématique. Les enseignants sont très demandeurs d’histoire et de réflexions philosophiques par rapport aux sujets qu’ils vont enseigner. Pour ce qui concerne la chimie, c’est une tradition brésilienne. Les enseignants en chimie ont beaucoup d’intérêt pour l’histoire, la philosophie de la chimie, l’épistémologie en général, parce que ça donne aussi la possibilité de mieux comprendre les concepts chimiques, le tableau périodique, par exemple. Les concepts des molécules, des atomes, etc., n’est pas un enseignement technique, on a aussi envie d’enseigner l’histoire des concepts. Et c’est un rapport assez intéressant entre les philosophes, les historiens et les enseignants. On a bien sûr commencé tout cela depuis au moins une vingtaine d’années, à la fin de la dictature, en 1985 surtout, parce que jusqu’en 1985 l’enseignement de la philosophie était interdit dans les collèges, les lycées et même à l’université. Les philosophes sont toujours un peu dangereux pour les dictatures. Dangereux pas vraiment, ce n’est rien du tout, mais toutes les dictatures ont beaucoup de méfiance par rapport aux philosophes. C’est très intéressant, parce qu’aujourd’hui même, notre nouveau président à cette méfiance, il essaye quand même d’interdire surtout dans les collèges, l’enseignement de la philosophie. C’est terrible, mais c’est comme ça, …

Vous avez une petite vidéo, vous voulez la monter ?

Oui. [insert vidéo] cette vidéo a été faite par mon collègue avant-hier. On peut voir qu’il y a les cotes françaises sur les ouvrages. C’est important pour l’histoire. On n’a pas isolé ces ouvrages, on les a mis avec les autres.

À l’unisson, les auditeurs : merci beaucoup, c’est très émouvant.

Une auditrice : Vous avez parlé avec beaucoup d’émotion des bibliothécaires d’ici, la reconnaissance de leur travail par leurs collègues du Brésil, mais on n’a pas vu, et vous n’en avez pas parlé, de la réception par les étudiants. Quelle a été leur réaction ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Là, on a présenté les choses très brièvement, profitant de mon passage en France. Pour les étudiants, et les autres publics, il y a une liste de tous ces ouvrages sur le site web de notre département, les étudiants y ont accès et s’ils le souhaitent ils peuvent aller les consulter à la bibliothèque. Cela donne aussi la possibilité de se « promener » un peu dans la liste et de repérer des ouvrages qui auraient de l’intérêt pour leurs recherches. C’est une façon de publiciser cette offre, autrement elle reste confidentielle. À la fin de ce travail, c’est récent, sur le site de l’université et de notre département, il y a aussi des encarts à l’entrée de la bibliothèque. J’ai des photos mais je ne les ai pas là, pour publiciser cela. Il me semble important de donner les informations et laisser les gens comme ça. C’est pour cela que je pense qu’une bibliothèque physique c’est génial parce qu’on ne promène et on découvre les choses qu’on ne cherchait pas forcément, ça donne des idées, cela donne des, …

Une auditrice : C’est ce qu’on appelle la sérendipité.

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : La sérendipité, c’est génial. Il y a quand même le problème de langue, le français n’est pas aujourd’hui la langue officielle des masters et des doctorats. Pour s’inscrire en doctorat, les étudiants doivent parler ou au moins lire deux langues : anglais et français, l’anglais et l’allemand, pas l’espagnol parce qu’on la lit facilement. Le français, c’est la deuxième langue. Il n’est pas facile de prendre des livres comme ceux-là et de commencer à les lire en français, mais je pense que pour les étudiants cela donne la possibilité d’être plus proche d’une bibliothèque à la française.

Je pense qu’il est très important pour les étudiants brésiliens de savoir qu’il y a une bibliothèque de cette qualité. Ce n’est pas simplement pour nos étudiants, c’est aussi pour les tous les étudiants du Brésil, parce qu’il y a, comme ici, des systèmes de prêts-interbibliothèques. Il y a un étudiant qui travaille à Belém de Pará, au nord du Brésil, et on peut faire des échanges, cela donne aussi la possibilité de mettre en valeur le fond, et pour les étudiants d’avoir des ouvrages de cette qualité. Donc, je pense, et j’ai beaucoup d’espoir, que les étudiants vont bien profiter de ça, et je suis sûr que cela va être le cas.

Une auditrice : Tous les ouvrages sont proposés en prêt ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Oui.

Une auditrice : Vous avez parlé de l’intérêt des journalistes pour trouver des ressources sur place pour approfondir leurs sujets, y compris pour les quotidiens généralistes, économiques ou autres, est ce que cette bibliothèque est ouverte à tous les publics ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Elle est ouverte à tous les publics. Il y a un système spécifique bien sûr, mais tous les citoyens peuvent y accéder pour consulter, emprunter, etc. C’est très démocratique, parce que c’est une université publique. Et comme c’est une université publique, tous les publics sont invités. C’est cela aussi la magie du service public gratuit.

Une auditrice : C’est le cas pour toutes les universités brésiliennes ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : C’est le cas pour toutes les universités publiques fédérales, mais pas pour les universités privées. Les universités fédérales, y compris celles des provinces.

Une auditrice : Quelles sont les amplitudes horaires ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : En général, elles ouvrent dès 7h3 0 ou 8h du matin, jusqu’à 22h 30 du soir.

Une auditrice : Tous les jours de la semaine ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Presque tous les jours, samedi elles sont ouvertes jusqu’à 13h-14h, il me semble, mais elles sont fermées le dimanche.

Une auditrice : Fermées le jour du seigneur, …

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Oui, fermées le jour du seigneur, …

Un auditeur : Est-ce que le prêt des ouvrages est payant ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Non, c’est gratuit. Même quand il y a du retard, la punition n’est pas pécuniaire mais un non renouvellement, par exemple.

Un auditeur : Les livres sont donc en libre accès ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Oui, mais il y a quand même des ouvrages rares, donc parfois fragiles, ils ne sont donc pas accessibles à tous les publics, mais pour les chercheurs, les journalistes, les ingénieurs, etc., si, sous conditions.

Les bibliothèques sont aussi des endroits de convivialités, de rencontres entre les publics universitaires et les publics en général. C’est cela aussi qui est un peu magique, je pense. Et même les restos universitaires sont ouverts pour le public, parce que pendant les années 2003-2014, le gouvernement fédéral a beaucoup investi dans l’éducation. C’est grâce à ça que j’ai eu une bourse pour venir ici. Le gouvernement a, par exemple, créé quinze nouvelles universités publiques fédérales, surtout dans les villes reculées de l’est, du nord. Il y a une centaine d’Université fédérales au Brésil, surtout dans les grandes villes. Par exemple, l’université fédérale de Paraná n’est pas simplement à Curitiba, sa capitale, elle a des antennes dans d’autres villes de la fédération.

Une auditrice : Avez-vous une vision, des études, des informations, que sais-je, quant à l’impact du numérique sur les usages dans les bibliothèques ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Oui, et cela m’inquiète aussi. Je pense qu’aujourd’hui les étudiants vont d’abord chercher sur internet. Il y a des sites pour télécharger des ouvrages, pas tout à fait de façon légale, vous connaissez bien je pense un site russe où l’on peut, de façon toute à fait illégale à l’évidence, télécharger les ouvrages, et qui aide beaucoup les étudiants. Je pense qu’il serait très intéressant de connaître cette sociologie du numérique, des rapports entre les ouvrages physiques et le numérique. Le contact physique permet des choses que n’offre pas le numérique.

Une auditrice : Certains observateurs disent que les lecteurs sont sur internet jusqu’au moment où ils rencontrent le livre physique et là la magie opère bien souvent, ils repartent sur le support papier, qu’en pensez-vous ?

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Je ne connais pas vraiment d’études là-dessus, mais je pense que ce serait très intéressant d’en avoir. Je pense qu’il doit y avoir un équilibre. Il y a des choses qu’il est plus facile de trouver sur Internet, mais après, il faut aller vers des références qui sont en bibliothèque et pas un pdf. Aujourd’hui, il est quand même intéressant de travailler sur des humanités numériques. Notre université est en train de beaucoup développer cet axe de recherche, surtout pour les journaux. J’ai des collègues au département des langues qui travaillent sur les journaux allemands, qui étaient écrits en allemand dans une ville brésilienne d’une colonie allemande, pour avoir des rapports avec des bibliothèques allemandes et pour donner la possibilité aux chercheurs d’accéder cette énorme quantité de journaux de manière facile, sur un site par exemple, en mettant à profit toutes les techniques des humanités numériques. Là, je suis justement en train de travailler avec des copains argentins sur l’histoire des ports. Des collègues de Brest travaillent beaucoup sur le sujet des ports, des villes portuaires, du patrimoine portuaire, et là, le numérique joue beaucoup. Votre question est très intéressante.

Une auditrice : À ce propos, il faudrait peut-être, si ce n’est déjà fait, voir le travail de Frédéric KAPLAN et son équipe des humanités numériques à l’EPFL de Lausanne, par exemple son Venise Time Machine.

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Ce sont là des références sur les humanités numériques qui m’intéressent beaucoup, merci si vous pouviez me les envoyer.

Équipe de la bibliothèque numérique : Nous sommes obligés de terminer cette rencontre, car nous avons le projet de faire de courtes vidéos, que l’on pourrait publier, avec Monsieur Ronei CLÉCIO MOCELLIN.

Une auditrice : Avant de nous quitter, malheureusement, on serait resté plus longtemps, je voudrais partager avec vous un souvenir. Ici, il y a quelques années, 20-25 ans, sans doute que certains parmi vous s’en souviennent, régulièrement, il y avait un séminaire d’histoire des sciences auquel étaient invités les salariés, c’était génial ! On venait une heure, une heure et demi, cela ne durait pas très longtemps. C’étaient des chercheurs qui intervenaient. C’était génial parce que d’un coup on s’ouvrait à quelque chose d’autres et ils faisaient des liens, comme vous venez de la faire, avec les aspects politiques, techniques, etc. c’était vraiment superbe, … Cela me remémore cette époque dorée. Nous aussi on a eu une époque dorée.

Une auditrice : Il y eu aussi, encore récemment, les séances Culture en partage, qui proposaient des rencontres avec des chercheurs sur des thèmes très pointus que l’on traitait dans nos offres, ...

Une auditrice : Le Centre de recherche en histoire des sciences a été supprimé, il faut s’en souvenir aussi, ...

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Il y avait aussi une journée qui portait sur « Femmes et sciences », c’était génial, ça aussi. Beaucoup de gens qui travaillaient ici y participaient. Je me rappelle qu’à l’époque je travaillais un peu sur Madame Hélène METZGER.

Un auditeur : C’était l’Editathon. Il s’agissait de rendre plus visibles les femmes sur Internet, sur Wikipédia. Nous avons consulté, entre autres, Monsieur MOCELLIN pour les femmes savantes du XVIIIème siècle. Il nous a envoyé des références du Brésil.

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Oui. Mais vous savez, peut-être, que le drapeau du Brésil est le seul à avoir inscrit une phrase d’un philosophe français, Auguste Comte : « Ordem e Progresso » (Ordre et progrès). Certes, la phrase n’est pas complète, Auguste Comte dit : « Ordre, amour et progrès ». Il nous manque l’amour, c’est dommage !

Une auditrice : Vous, vous n’en manquez pas. Vous parlez avec beaucoup d’émotion et cela fait plaisir. Merci beaucoup, vous nous faites-là, un très beau cadeau.

Une auditrice : Donc, ils ne manquent pas d’amour au Brésil !

Un auditeur : Pas tant que ça.

Une auditrice : Vous adresserez un salut fraternel, je ne sais pas comment on le dit au féminin, à nos collègues du Brésil. Cela fait vraiment plaisir de les voir sur les photos, de voir aussi leur travail, et de voir tout le travail qu’eux ont accompli.

Un auditeur : Techniquement, j’ai regardé les dates du catalogage, en quatre mois, ils ont catalogué plus de quatre mille livres, c’est extraordinaire. Bravo ! Et merci à eux.

Ronei CLÉCIO MOCELLIN : Merci à vous pour votre accueil et votre attention.

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, 4 mars 2020, JPEG 242.3 ko, 2362 x 1943 pixels

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